Rencontre avec Steven Spielberg pour « Cheval de Guerre »

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Voilà…je pense que j’ai en ce mardi 10 janvier atteint l’apothéose de mes activités de bloggers…rencontrer le maître ! Celui dont les films font partie intégrante de mon enfance et qui ont été directement les moteurs et les déclencheurs de mon amour pour le cinéma dès mon plus jeune âge…je parle bien entendu de Steven Spielberg.

A 65 ans ce petit monsieur semble être le maitre incontesté d’Hollywood depuis plus de 30 ans avec pléthore de chef-d’œuvre à son actif et pourtant, il reste humble, sincère, tellement humain. Ces 45 minutes se sont avérées (logiquement) magiques et vous dire que j’étais ému ne serait pas mentir.

Vous pouvez retrouver ci-dessous la vidéo intégrale de la conférence de presse (normalement une vidéo traduite devrait nous être fournie par Disney, le billet sera updaté à ce moment-là), quelques photos dans la galerie mais également un compte rendu des questions / réponses phares abordées. Enjoy !

Bien que très centré autour du film « Cheval de Guerre » dont je vous parlerais très prochainement, la conférence de presse a permis d’aborder la technique de Spielberg, sa manière de travailler et d’aborder les projets, ses réalisations à venir et son regard sur « l’industrie » du cinéma.

Même si le réalisateur se défend que le film ait été influencé par Tintin de quelque manière que ce soit, il est avéré que le film Cheval de Guerre est une œuvre très pure qui a eu recourt à très peu d’effets spéciaux. Un film très classique dans sa forme et sur le fond même s’il regorge une nouvelle fois de plans sidérants dont seul Spielberg semble avoir le secret. Il a été notamment question d’un plan que l’on peut apercevoir dans la bande-annonce où l’on voit le cheval « Joey » s’élancer à travers les tranchées, la caméra le précédent et le filmant en frontal. Un passage qui marque les esprits tant l’impact est fort et tant la réalisation semble complexe.

« Ce plan ne fait pas partie des 3 utilisant les effets spéciaux. Le cheval « Joey » courait après son dresseur dans la tranchée, c’était comme un jeu pour lui. Bien sûr, cela n’aurait pas pu être possible sans dressage mais il est possible d’obtenir ce genre de résultat impressionnant lorsque la confiance est instaurée entre le cheval, le dresseur, et l’équipe ».

Spielberg qui voue très visiblement une admiration aux chevaux expliqua que si l’on regarde bien dans sa filmographie, cet animal est très souvent présent mais en tant que moyen de transport. Dans Indiana Jones, par exemple, les chevaux sont très présents et pourtant, on reste concentré sur Indy. Il voulait enfin mettre au premier plan cet animal majestueux en lui dédiant presque tout un film. Cheval de Guerre n’est d’ailleurs pas tout à fait bien nommé car Joey est fondamentalement plus un cheval de paix. Tout au long du film, Spielberg n’a de cesse de valoriser son noble personnage à quattre pattes comme révélateur de l’humanité des hommes. Même au coeur de la barbarie, de l’horreur, il devient le catalyseur de la beauté humaine y compris lorsque celle-ci se voit ternie par les pires atrocités.

« Rappelez-vous que pendant la première guerre mondiale, beaucoup de chevaux, des milliers, mourraient en permanence. On les utilisait comme des outils, pour déplacer le matériel, les armes, les blessés, les provisions, et ce jusqu’à l’épuisement. Lorsque l’un d’entre eux mourrait de fatigue, on le remplaçait immédiatement par un autre, promis au même sort. Dans le film, lorsque le cheval se retrouve dans les mains de l’armée allemande, il sort de la ferme de Niels Arestrup. Il a été nourri, choyé, il est en forme. C’est ce qui explique que quand le responsable des animaux, Friedrich, tombe sur lui, il le trouve instantanément majestueux. Il rappelle comment était le monde et les hommes avant le conflit. C’est la raison pour laquelle tous ont envie de le protéger, de l’aimer. »

Concernant la technologie, Spielberg a ré-appuyé ce que tous les grands metteurs en scènes (Scorsese, Cameron…) clament à propos de la sur-3Disation…. à savoir qu’elle n’était qu’un outils au service d’une histoire, un outils dont l’on pouvait se servir ou pas. Dans Tintin (lire ma critique), la 3D était au service du concept, tout autant que la performance capture. En aucun cas, ces technologies ne deviennent ou ne doivent devenir des obligations. Cheval de Guerre en est le meilleur exemple puisque le film a été très classique dans sa conception et sa production.

Steven Spielberg est par ailleurs revenu sur la suite des aventures du reporter sans en dévoiler davantage. Il aborda également l’utilisation du 48 images / secondes et glissa même quelques informations sur son prochain film, Lincoln et sur réalisation suivante, Robopocalypse.

« Peter et moi en parlerons (de Tintin) le moment venu, pour l’instant, le script n’est pas terminé mais oui, il sera issu de plusieurs albums comme le premier film [...] Pour ce qui est de l’utilisation du 48 images secondes, j’attends de voir. Peter m’a dit qu’il me montrerait les premiers résultats bientôt issus de The Hobbit. James l’utilisera aussi sur Avatar 2 mais en ce qui me concerne, j’attends, je ne sais vraiment pas ce que cela va donner. J’ai un peu peur que le rendu soit éloigné d’un aspect « film » et donne plus l’image d’un rendu « TV » ce que je ne souhaite pas. »

« Vous savez, je suis très occupé, j’ai beaucoup de projets. Prochainement, le film sur Abraham Lincoln sortira (avec Daniel Day Lewis). Je ne veux pas trop en dire mais j’en suis vraiment très fier. J’ai fini le tournage le 21 décembre et nous sommes actuellement en plein montage. En septembre prochain, je démarrerai le tournage de Robopocalypse, un vrai divertissement gros budget, avec des explosions, des robots qui se battent contre des humains, une guerre… un vrai pop-corn movie ! »

Une occasion pour évoquer l’utilisation ou la sur-utilisation du numérique au cinéma et de l’importance de rester vrai, simplement pour que les spectateurs puissent y croire et surtout, continuent de vouloir y croire.

« Vous savez, vous avez aimé avoir peur de mes dinosaures parce que vous aviez envie d’y croire. Il faut toujours faire attention à ne pas tomber dans une facilité de tout faire en numérique car effectivement, tout est possible. Au bout d’un moment, les spectateurs rejettent ce qu’ils n’approuvent pas. Au fond, ce qu’ils cherchent, c’est quelque chose de vrai, d’authentique, de majestueux ! »

Authentique, majestueux…comme son Cheval de Guerre…Merci pour tout !

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