Exposition Tim Burton à la Cinémathèque – On était au vernissage !

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Invités au vernissage de l’exposition Tim Burton hier soir à la Cinémathèque, nous avons envoyé notre reporter spécial, Matthieu, grand fan de cinéma, à cet événement. Voici son compte-rendu ! Un grand merci à Frédéric de la Cinémathèque de nous avoir convié à cette soirée !

Le vernissage de l’exposition autour de Tim Burton à la Cinémathèque française, qui a eu lieu ce lundi 5 mars, était un véritable évènement, tant le nombre de cinéphiles et de fans prêts à patienter sous la pluie était important. Initialement conçue par le MoMA à New York en 2009, et accueillie à la Cinémathèque française pour les prochains mois, l’exposition est l’occasion de découvrir les multiples facettes d’un cinéaste dont les films et l’imaginaire ont accompagné un large public.

Mais c’est aussi l’occasion de se plonger dans un univers qui déborde le cadre du cinéma et s’exprime sous toutes les formes, dessins, peinture, photographie ou encore sculptures bigarrées et grotesques. A travers 700 œuvres exposées, dont 6 créations inédites réalisées pour l’exposition, on traverse un univers foisonnant et jubilatoire, décliné et articulé de manière quasi-obsessionnelle.

Elle permet aussi d’approcher autrement ses films Hollywoodiens. Le succès de l’exposition tient justement à cette manière d’exposer l’intimité de l’artiste (carnets de croquis, films amateurs, esquisses tracées sur des serviettes en papiers) à côté d’œuvres célèbres du cinéma, telles qu’Edward aux mains d’argent ou Batman, comme si l’un n’était que l’envers du décor de l’autre.

Dès que nous entrons dans l’exposition, nous sommes aussitôt plongés dans l’univers de Burton. Un premier couloir plongé dans le noir, où sont présentés des travaux photographiques, des polaroids de sculptures effectués par l’artiste dans son atelier, représentant des figures monstrueuses, des femmes aux membres coupés ou des arbres couverts d’hippocampes.

Puis vient une seconde salle, où sont accumulés des dessins à base d’encre, de pastel ou encore de crayons de couleur, exécutés sur de nombreuses années, et répartis par thème, les hommes, les femmes, les monstres, les clowns, etc. On y retrouve des figures familières, par exemples les personnages des histoires de la Triste fin du petit enfant huître, tels Stain Boy (l’enfant tâche, dont Burton fera plus tard le héros d’une série de court film d’animation, diffusée sur internet à partir de septembre 2000), ou Ludovic, l’enfant toxique, ou de l’enfant qui a des clous dans les yeux, et dont les poupées sont exposées près des dessins.

Ensuite, l’exposition devient chronologique, elle retrace son parcours : l’enfance à Burbank ; sa formation à CalArts, puis son travail pour les studios Disney et ses collaborations successives avec les grands studios hollywoodiens. C’est l’occasion de découvrir l‘originalité de ses premiers travaux artistiques, ses dessins, ses affiches, les premiers courts métrages qu’il réalise en stop-motion à partir de l’âge de seize ans, comme Prehistoric Cavemen, Houdini, Tim’s Dreams, présenté aujourd’hui en exclusivité, les films qui lui permettront de remporter plusieurs prix lors de concours municipaux, par exemple une publicité anti-ordure réalisée en 75, et d’intégrer, à de dix-huit ans, le prestigieux California Institute of the Arts, fondé par Walt Disney en vue de former ses futurs artistes, puis de travailler dans les studio Disney. On y découvre, amusé, qu’il s’y comporte bizarrement, apprenant à dormir au travail, le crayon pointé sur le papier, qu’il s’enferme dans des placards pour ne plus en sortir, qu’il malmène Mickey d’une caricature à l’autre, ou qu’il collectionne divers styles de dessins comiques, s’entrainant à en copier le style.

Puis, grâce au soutien de deux alliés du studio Disney, il réalise Vincent et Frankenweenie, en 1982. Le studio les juge trop morbide et n’encourage pas leur distribution. Les dessins préparatoires présentés dans l’exposition, réalisés à l’encre, reflètent déjà cette atmosphère sombre et mélancolique. De nombreux dessins de ses films, des œuvres originales, qui semblent mêler joyeusement le gothique, la pop, le kitch et le surréalisme, jalonnent ensuite l’exposition. Certains sont de simples rêveries, ou des projets restés à l’état débauche, mais d’autres sont de véritables planches préparatoires, documents de travail et d’élaboration de l’univers visuels de ses films, notamment L’étrange noël de Monsieur Jack, ou Les Noces Funèbres.

Enfin, l’exposition vaut aussi pour son caractère anecdotique, les objets que les fans peuvent admirer, les ciseaux et la combinaison porté par Edward aux mains d’argent, le pull en cachemire porté par Ed Wood, quand il se prépare à diriger Glenn ou Glenda, les petits extra-terrestres de Mars Attacks !, dont l’exposition présente en partie la conception, des premiers dessins aux maquettes originales en résine confectionnées pour le tournage, ou encore les rasoirs de Sweeney Todd, ou enfin les masques de Batman.

La réussite de cette exposition tient donc à cette manière de nous présenter une cinématographie mondialement connue, largement étudiée, sous un angle plus artisanal et plus personnel. On en ressort avec l’envie jubilatoire de revoir tous les films du cinéaste ou de découvrir des courts-métrages confidentiels, ou des films très peu diffusés, comme Hansel et Gretel, téléfilm réalisé à l’époque Disney, qui ne fut diffusé qu’une fois, en 1983, l’intégralité étant projeté lors de la rétrospective qui dure jusqu’au 23 mai.

Vous pouvez regarder toutes nos photos de l’exposition dans la galerie ci-dessous.

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