Affiche critique Yogi l’ours

Yogi l’ours

SYNOPSIS

Yogi l’ours et son fidèle ami et complice Booboo mènent une vie de rêve dans le parc de Jellystone. Le site, d’une beauté à couper le souffle, offre mille occasions de gambader, jouer et s’amuser, et il suffit de se baisser pour trouver sa pitance…dans les paniers de touristes assez imprudents pour laisser une tarte ou un pot de miel à portée de patte d’un ours aussi affamé et chapardeur que le rusé Yogi. Mais une sourde menace pèse sur ce paradis, car le maire Brown, fonctionnaire sans âme, a décidé de revendre le parc et ses magnifiques arbres séculaires à une scierie. Yogi et Booboo vont devoir faire appel à toutes leurs ressources pour sauver Jellystone avec l’aide d’une jolie documentariste et d’un Ranger au grand cœur…

CRITIQUE

Lorsque l’on veut faire un film pour les enfants, on a le choix entre faire un film à plusieurs niveaux de lectures (les Pixar par exemples) qui s’adresse in-fine à tous les publics, ou bien faire un film relativement cloisonné dans un registre uniquement destiné aux plus jeunes.

Cela ne surprendra personne, mais la mise sur grand écran de Yogi l’ours se classe dans cette seconde catégorie, avec un registre exclusivement enfantin. La base-line affichée sur l’affiche ne trompe d’ailleurs personne, « Planquez vos pique niques ». Dans beaucoup de cas, la pilule ne serait pas passée en ces murs, mais force est d’admettre qu’en dépit des enjeux exclusivement mercantiles du projet, cette adaptation de la série animée créée par Hanna et Barbera se révèle malgré tout sympathique, même si l’on a plus 8 ans.

Pas vraiment fidèle au matériau d’origine (notamment du fait que le ranger Smith soit ici un « gentil personnage »), lui-même destiné au plus jeunes, Yogi l’ours ne cherche pas l’Oscar du scénario. Attention mode cui-cui activé ! Dans le monde merveilleux de Yogi, les gens sont tous noirs ou tout blancs, le maire est vraiment très vilain  et cynique et parce qu’il s’est acheté trop de chouettes costard. Alors il décide de raser le parc de Jellystone histoire de faire un peu d’argent dans les caisses de la mairie. De l’autre coté, le Ranger Smith avec qui Yogi se taquine régulièrement suite aux vols récurrent des pique-niques des touristes, n’est pas d’accord pour que le parc soit rasé. Alors il décide d’organiser une grande fête pour gagner de l’argent et aider la mairie. Mode cui-cui désactivé.

Voilà, le pitch est posé, les personnages à l’exception des deux ours seront d’une platitude affligeante (on se demande d’ailleurs bien que c’est venu faire Anna Faris dans le coin) avec des prestations uniquement dans la caricature. L’histoire tout comme les rebondissements ne révolutionnent rien et tentent de délivrer un pseudo discours anti-capitalisme et écologique à leur échelle (et oui, il faut bien se justifier d’une bonne cause).

La bonne surprise provient en fait du binôme central à savoir Yogi, notre cher ours à chapeau et cravate, et de son petit acolyte au nœud papillon, Boo-Boo. C’est Dan Aykroyd et Justin Timberlake qui prêtent respectivement leur voix aux deux bestioles qui justifient à eux seuls la note du film. Malgré une 3D à la hauteur de la qualité du scénario, les deux compères demeurent sympathiques et l’on se surprend à les apprécier bien davantage qu’un lot de Chipmunks par exemple.

Leur démarche, leur dialogues, les inventions stupides créées par Yogi rappellent finalement un peu l’esprit du dessin animé d’origine et c’est probablement la nostalgie que les ours renvoient qui permet d’apprécier un tant soit peu cette adaptation.

Mais cela n’efface en rien la pauvreté générale, depuis la mise en scène du Yes Man du pauvre Eric Brevig (dont l’unique talent réside dans le maniement de la 3D (mais raté, je ne l’ai pas vu en 3D) jusqu’au rythme plutôt bancal en passant par des comédiens réels peu impliqués.

Yogi l’ours est un film raté, ne nous voilons pas la face. Il saura séduire nos chères têtes brunes qui trouveront les ours tout mimi mais d’un point de vue cinématographique, c’est le vide. En tout état de cause, le film n’est pas pire que les adaptations du même acabit mais il dispose d’un atout de charme que sont ses deux bêtes à poil qui arrivent à rappeler le dessin de notre enfance. C’est déjà ça de gagner !

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