Affiche critique Wall Street : l’argent ne dort jamais

Wall Street : l’argent ne dort jamais

SYNOPSIS

Wall Street, New York : en plein krach boursier de 2008, un jeune trader, Jacob Moore, est prêt à tout pour venger son mentor, que d'obscures tractations financières ont poussé au suicide. Il demande de l'aide à Gordon Gekko, le meilleur - et le pire - des gourous de la finance, qui vient de sortir de 20 ans de prison pour délit d'initié. Jacob va apprendre à ses dépens que Gekko reste un maître de la manipulation, et que l'argent ne dort jamais.

CRITIQUE

Présenté à Cannes en mai dernier, Wall Street 2 intitulé « L’argent ne dort jamais » marque le grand retour de Gordon Gekko sur les marchés financiers après avoir tiré quelques années en cabane pour délit d’initié. Mais en passant une grande partie des années 90 derrière des barreaux, forcément, lorsqu’on en revient, on se rend compte que le monde a pas mal changé…visuellement du moins car au final, les requins de la finance n’en sont pas moins féroces, bien au contraire.

Alors que l’on nous parle dans les médias de la crise ceci, la crise cela, on pouvait penser que ce rebelle d’Oliver Stone serait arrivé bien énervé en nous balançant l’un de ses films brûlot qui ont fait ses grandes heures. Qu’on se le dise, il n’en est rien… Et ce constat particulièrement décevant l’est d’autant plus lorsqu’on constate les qualités intrinsèques dont peut se vanter Wall Street 2 : Une réalisation très pro et carrée, permettant aux non initiés de comprendre malgré tout les subtilités financière évoquées mais surtout une pléiade d’acteurs talentueux, et dirigés et il va sans dire à la perfection.

Sur le papier, tout semble bon mais le problème majeur ici provient d’un scénario franchement paresseux, délaissant le cynisme et la soif d’argent du premier film au profit d’une histoire de retrouvailles entre un père et sa fille … Un sentimentalisme qui ne colle finalement que très moyennement avec ce que l’on attendant de ce nouveau film qui aurait franchement dû tirer davantage parti du rôle de Josh Brolin, le milliardaire sans scrupule de l’histoire. On lui doit d’ailleurs les meilleurs passages notamment lors des scènes de conciliabules entre les plus hauts dirigeants bancaires de Wall Street. Ces passages où l’on a l’impression que l’avenir du monde se joue entre deux cigares et quelques joutes verbales se révèlent très prenants d’autant que la présence du plus très jeune Eli Wallach (95 ans) apporte une orientation carnassière salvatrice.

Malgré une durée de 2h16, les personnages ne semblent pas aussi développé qu’on aurait pu le souhaiter et seule, Carrey Mulligan (fille du Gekko et petite amie de Shia Labeouf) dispose d’une vraie personnalité creusée et d’une empathie indiscutable. Lors de ses scènes, elle vole sans équivoque la vedette aux autres « stars » du film, preuve incontestable que quelque chose a été loupé dans le portrait des personnages principaux.

Mais le véritable problème du film d’Oliver Stone c’est qu’il n’apporte rien de nouveau. Oui les riches souhaitent l‘être encore plus, oui certaines transactions ou agissements parfaitement immoraux se révèlent légaux et oui, Wall Street ce n’est pas vraiment un terrain de jeu pour enfants de chœur. D’accord, mais après ? Était-il besoin de ressortir un film pour au final, faire exactement le même constat qu’en 1987 ? Par certains, d’autant que le choix de mettre en retrait le personnage charismatique du Gekko reléguera le film dans les rangs des réalisations faussement rentrent-dedans… En même temps, qu’Oliver Stone ait perdu son mordant n’est plus vraiment une nouveauté…

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Wall Street : l’argent ne dort jamais
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 2.5 Wall Street, New York : en plein krach boursier de 2008, un jeune trader, Jacob Moore, est prêt à tout pour venger son mentor, que d'obscures tractations financières ont poussé au suicide. Il demande de l'aide à Gordon Gekko, le meilleur - et le pire - des gourous de la finance, qui vient de sortir de 20 ans de prison pour délit d'initié. Jacob va apprendre à ses dépens que Gekko reste un maître de la manipulation, et que l'argent ne dort jamais.
Wall Street, New York : en plein krach boursier de 2008, un jeune trader, Jacob Moore, est prêt à tout pour venger son mentor, que d'obscures tractations financières ont poussé au suicide. Il demande de l'aide à Gordon Gekko, le meilleur - et le pire - des gourous de la finance, qui vient de sortir de 20 ans de prison pour délit d'initié. Jacob va apprendre à ses dépens que Gekko reste un maître de la manipulation, et que l'argent ne dort jamais.
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...