Affiche critique Restless

Restless

SYNOPSIS

Bien qu’en phase terminale d’un cancer, la jeune et jolie Annabel Cotton est animée d’un amour profond de la vie et de la nature. De son côté, Enoch Brae a cessé d’avoir envie de faire partie du monde depuis que ses parents sont tragiquement morts dans un accident. Lorsque ces deux êtres à part se rencontrent à un enterrement, ils se découvrent d’étonnants points communs. Pour Enoch, dont le meilleur ami se trouve être le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze, et Annabel, qui voue une fascination à Charles Darwin et à la vie de toute créature, c’est le début d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d’Annabel, Enoch propose de l’aider à vivre ses derniers jours avec intensité, au point de défier le destin, les traditions et la mort elle-même.

CRITIQUE

Alors que la Guerre est déclarée cartonne en salles, un autre film va venir évoquer la dramatique thématique du cancer mercredi prochain, Restless de Gus Van Sant. L’un des réalisateurs les plus habiles pour dépeindre l’adolescence et ses malaises s’empare du scénario de Jason Lew pour nous proposer une romance funèbre teintée de fantastique entre la jeune Annabel, en phase terminal d’un cancer du cerveau, et Enoch, jeune homme solitaire fasciné par la mort. Après Harvey Milk, Van Sant semble être revenu à un cinéma moins auteuriste, ce que certains lui reprocherons, mais qui lui permet en contre parti de toucher un public élargi. Et si Restless n’est certainement pas le point d’orgue de sa carrière, il n’en demeure pas moins une œuvre émouvante par la justesse voire la naïveté du jeu des deux protagonistes.

Le point de départ de cette histoire nous fait suivre Enoch, adolescent triste et solitaire, s’incrustant aux enterrements tel Marla Singer s’incrustait dans les groupes de soutien aux malades dans le Fight Club de Fincher. Ce hobby morbide témoin de son malaise sera malgré tout le tremplin vers sa thérapie puisqu’il rencontrera par ce biais la jeune et souriante Annabel. Les regards se croisent, la tristesse rencontre la joie de vivre mais la solitude commune va être leur point d’accroche. De cette rencontre naitra un amour pur et paradoxalement, deviendra un véritable hymne à la vie alors que le destin de la jeune femme ne peut plus évoluer. A travers Restless, Gus Van Sant par son talent arrive à traiter de son sujet au demeurant grave par une mise en scène légère sans que cela ne nuise au propos. Mais le véritable cœur du film, ce n’est pas tant cette réalisation générale relativement sobre voire effacée, mais bien le duo d’adolescents, superbement interprétés par Mia Wasikowska (la Alice de Tim Burton) et Henry Hopper (fils de Dennis, dont la ressemblance est frappante lorsque l’on se replonge dans les clichés de Dennis jeune).

Ces deux personnalités opposées fonctionneront comme de véritables aimants, en s’attirant mutuellement et en évoluant dès les premières minutes au contact de l’autre. D’un côté, Annabel, mourante mais pourtant pleine de vie, aura rencontré l’amour et le bonheur qu’il produit. De l’autre, Enoch saura apprendre à aimer, à respirer la vie, à s’attacher tout en s’éloignant petit à petit d’un fantôme Japonais qui l’accompagnait depuis l’accident qui couta la vie à ses parents. Ce binôme qui nous marque et nous émeut par sa justesse sera le véritable déclencheur de l’émotion du film, bien plus que le contexte et l’issue tragique déjà connue. Aussi, à travers le prisme de la mort et de la maladie, Van Sant nous offre une véritable hymne à l’amour ainsi qu’à la vie. Il y a quelque chose de simple et de pur dans Restless, une naïveté dans l’appréhension de la vie qui s’affranchie totalement des règles et qui permet à nos jeunes tourtereaux de vivre cet amour sincère avec folie.

Par moment, Restless rappelle le cinéma de Gondry, indépendant, léger, à l’imaginaire important. Malgré le sujet qui pourrait vous faire sortir de la salle les yeux rouges, le film de Van Sant sait être heureux, notamment parce que les personnages auxquels nous nous sommes attachés semblent l’être. Annabel a profité de la vie jusqu’à son dernier souffle tandis qu’Enoch repartira sur de nouvelles bases, appréhendant le monde sous un jour positif. L’esthétisme connu du réalisateur a laissé place à une mise en scène toute simple permettant à notre duo de s’exprimer en totale liberté. Ainsi, à défaut d’être un grand film, Gus Van Sant s’offre avec Restless un mélo poétique et élégant, dont la réalisation épurée sert avant tout ces deux jeunes (mais déjà grands) acteurs que sont Mia Wasikowska et Henry Hopper.

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Restless
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 3 Bien qu’en phase terminale d’un cancer, la jeune et jolie Annabel Cotton est animée d’un amour profond de la vie et de la nature. De son côté, Enoch Brae a cessé d’avoir envie de faire partie du monde depuis que ses parents sont tragiquement morts dans un accident. Lorsque ces deux êtres à part se rencontrent à un enterrement, ils se découvrent d’étonnants points communs. Pour Enoch, dont le meilleur ami se trouve être le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze, et Annabel, qui voue une fascination à Charles Darwin et à la vie de toute créature, c’est le début d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d’Annabel, Enoch propose de l’aider à vivre ses derniers jours avec intensité, au point de défier le destin, les traditions et la mort elle-même.
Bien qu’en phase terminale d’un cancer, la jeune et jolie Annabel Cotton est animée d’un amour profond de la vie et de la nature. De son côté, Enoch Brae a cessé d’avoir envie de faire partie du monde depuis que ses parents sont tragiquement morts dans un accident. Lorsque ces deux êtres à part se rencontrent à un enterrement, ils se découvrent d’étonnants points communs. Pour Enoch, dont le meilleur ami se trouve être le fantôme d’un pilote de guerre kamikaze, et Annabel, qui voue une fascination à Charles Darwin et à la vie de toute créature, c’est le début d’une relation exceptionnelle. En apprenant la mort imminente d’Annabel, Enoch propose de l’aider à vivre ses derniers jours avec intensité, au point de défier le destin, les traditions et la mort elle-même.
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...