Affiche critique Malveillance

Malveillance

SYNOPSIS

César est un gardien d’immeuble toujours disponible, efficace et discret. Disponible pour s’immiscer dans la vie des habitants jusqu’à les connaître par cœur ; discret quand il emploie ses nuits à détruire leur bonheur ; efficace quand il s’acharne jusqu’à l’obsession sur Clara, une jeune femme insouciante et heureuse…

CRITIQUE

Malveillance avait tout pour lui : un style Hitchcockien (avec en prime une très belle affiche), un film Espagnol (les meilleurs films de genre de ces dernières années en sont issus) et surtout un scénario de départ propice à un grand moment de terreur et d’exploration des tréfonds de l’âme humaine. Quelle ne fut pas notre déception, dès lors, de nous retrouver avec une œuvre bancale et loin d’être mémorable.

Le problème du film se résume en quelques lignes : le film ne démarre vraiment qu’à 20 minutes de la fin ! En effet, notre intérêt n’est vraiment suscité qu’à partir du moment où ce fameux concierge se fait griller et se retrouve forcé à redéfinir ses limites et analyser ses propres pulsions afin de trouver, dans la douleur, ce qu’il cherche vraiment et jusqu’où il est prêt à aller pour l’obtenir.

Sauf qu’avant cela, le film met des plombes à démarrer, s’attardant trop sur des scènes d’exposition (le quotidien de la jolie voisine, les cafards-prétexte), avec des choix douteux de narration (Balaguero tente de semer le trouble chez le spectateur avec une scène où le voyeur est mis en position de victime, sauf que le personnage de César est tellement antipathique qu’il est impossible d’éprouver une quelconque empathie) et de scénario (pourquoi se focalise t-il sur le personnage de la petite fille bizarre puisqu’elle ne sert à rien au final?).

On trouve donc le temps long et on regrette d’avoir trop fantasmé sur ce qu’aurait pû donner un tel scénario s’il avait été mieux exploité, d’autant plus que certaines fulgurances sont réellement efficaces par intermittence (le monologue face à la vieille voisine, la nuit avec le couple), et que l’acteur principal a une vraie tête de psychopathe renfermé. Du coup, devant cette avarice de moments forts et de vraie subversion, on est en droit de trouver la conclusion assez gratuite et à la limite du mauvais goût, quand le réal nous met une petite musique joyeuse après un dénouement qui donnera la nausée à de nombreuses spectatrices.

Malveillance est donc une grosse déception, dont les critiques positives quasi unanimes sont assez surprenantes…

Tags: , , , |