Affiche critique La Délicatesse

La Délicatesse

SYNOPSIS

Nathalie a tout pour être heureuse. Elle est jeune, belle, et file le parfait amour. La mort accidentelle de son mari va couper son élan. Pendant des années, elle va s'investir dans son travail, se sentir en parenthèse de sa vie sensuelle. Mais subitement, sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi, elle embrasse un de ses collègues. Markus, un homme très atypique. S'ensuit alors la valse sentimentale de ce couple hautement improbable qui va susciter interrogation et agressivité au sein de l'entreprise. Choisit-on vraiment par quel moyen on renaît à la vie ? Nathalie et Markus vont finir par fuir pour vivre leur histoire et leur émerveillement à l'abri de tout. Cette histoire de renaissance est aussi celle de l'étrangeté amoureuse.

CRITIQUE

Adaptée du best-seller de David Foenkinos traduit dans plus de 21 langues, la Délicatesse et son duo improbable Audrey Tautou – François Damiens arrive à point nommé pour clore cette année 2011 avec un minimum de finesse. Et si Intouchables a conquis le cœur des français avec ces 14 millions d’entrées, il ne faudra pas laisser sur le bas-côté cette comédie drama-romantique qui, à défaut d’être exceptionnelle, dispose de suffisamment d’arguments pour que l’on s’y intéresse et notamment la superbe musique composée par Emilie Simon (lire ici le billet sur la rencontre avec Emilie).

N’ayant pas lu le livre d’origine (sans doute à tort), ma critique sera strictement basée sur la perception du film. La délicatesse, c’est d’abord l’histoire d’un deuil. Nathalie est amoureuse de François. Ils sont jeunes, pleins de vie, et vivent en harmonie. On aurait tous envie de dire et de croire que rien ne pourrait les séparer. Pourtant la vie se chargera de briser ce couple, et bien avant que cela ne soit normal. Un jour comme les autres, Nathalie entame un livre, François part faire un footing. Mais François ne reviendra pas, percuté par une voiture. Il décèdera à l’hôpital. Un jour en signe de fin pour Nathalie qui, comme toute personne confrontée à un tel drame devra apprendre à vivre avec, à ce que François ne soit plus un fantôme l’empêchant de vivre mais bien un amour passé, une étape de sa vie.

L’histoire de David Foenkinos pourrait se contenter de raconter comment cette jeune femme se redresse face à ce deuil. Mais plutôt que de rester dans le registre dramatique, la Délicatesse va se transformer progressivement en romance improbable entre Nathalie, chef de service dans une entreprise Suédoise implantée à Paris et Markus, Suédois natif mais vivant depuis plusieurs années en France (après quelques années d’études en Belgique pour justifier le choix de François Damiens). Une délicatesse qui se distille à petite touche, et qui viendra surprendre les spectateurs qui pensait qu’elle émanerait du personnage de Nathalie. Face à elle, un Markus génialement porté par un François Damiens qui endosse désormais des rôles dramatiques avec une aisance qu’on ne lui soupçonnait pas. Ici plus que dans ses derniers longs-métrages, il s’efface au profit du personnage tout en insufflant l’espace de quelques scènes l’humour qui fit son succès. Une allure atypique, un style débraillé, une timidité presque maladive, ce Markus n’est pas vraiment l’archétype du tombeur. Loin de toute similitude avec le François de Nathalie, il sera pourtant le nouveau point de départ de la vie de sa « patronne », laquelle l’avait embrassé de manière instinctive, comme pour briser l’absence de contact physique avec une autre personne.

Nathalie-Markus, Audrey-François, un duo improbable qui deviendra un couple improbable.  Une histoire d’amour au-delà des apparences, au-delà même du regard de leurs amis respectifs, les premiers intrigués. Un amour trouvant ses racines dans la douleur, sans doute la pire qui soit mais dont la force sera basée sur l’honnêteté, la compréhension, la sincérité. Markus pourrait être n’importe qui d’entres-nous, personnage banal, inspirant l’indifférence sauf pour une personne. Sauf pour LA personne. Celle qui verra en lui autre chose que la simple image qu’il véhicule au quotidien. C’est peut-être aussi ça la Délicatesse, la faculté de voir au-delà des apparences pour découvrir « la beauté intérieur ». L’expression peut faire sourire, voir inspirer les moqueries, mais le film des frères Foenkinos arrivent à la mettre en images d’une façon simple et juste. Cela peut sembler banal mais comme le dit l’expression, faire simple est souvent compliqué. Et le fait est que malgré les réserves qui peuvent exister au début du film, la faute en partie à un jeu des acteurs très théâtral, on finir par croire à cette relation.

Et l’on passera volontiers sur quelques choix de réalisation discutables au regard de la sincérité du propos comme l’aspect récitation de certains dialogues ou plusieurs passages un peu trop naïfs (notamment chez la grand-mère de Nathalie), qui auront tendances à tempérer le côté crédible du film. Pourtant, malgré ces maladresses, la Délicatesse fonctionne. Que l’on soit sensible aux histoires d’amour ou non, le film et le traitement sont tels que vous pouvez facilement vous identifier aux personnages, drame ou pas. C’est sans doute ce qui a convaincu Emilie Simon de signer la bande-originale, elle  qui s’est retrouvée à la place du personnage de Nathalie et qui réussi à catalyser dans les chansons de son dernier album toute la tristesse mais aussi tout l’espoir d’une nouvelle vie.  Le message du film en somme…

Ne vous y trompez pas, malgré le sujet, vous sortirez le sourire aux lèvres de la Délicatesse, à découvrir à partir de mercredi prochain dans vos salles de cinéma.

[nggallery id=195]

Tags: , , , , , |

La Délicatesse
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 3 Nathalie a tout pour être heureuse. Elle est jeune, belle, et file le parfait amour. La mort accidentelle de son mari va couper son élan. Pendant des années, elle va s'investir dans son travail, se sentir en parenthèse de sa vie sensuelle. Mais subitement, sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi, elle embrasse un de ses collègues. Markus, un homme très atypique. S'ensuit alors la valse sentimentale de ce couple hautement improbable qui va susciter interrogation et agressivité au sein de l'entreprise. Choisit-on vraiment par quel moyen on renaît à la vie ? Nathalie et Markus vont finir par fuir pour vivre leur histoire et leur émerveillement à l'abri de tout. Cette histoire de renaissance est aussi celle de l'étrangeté amoureuse.
Nathalie a tout pour être heureuse. Elle est jeune, belle, et file le parfait amour. La mort accidentelle de son mari va couper son élan. Pendant des années, elle va s'investir dans son travail, se sentir en parenthèse de sa vie sensuelle. Mais subitement, sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi, elle embrasse un de ses collègues. Markus, un homme très atypique. S'ensuit alors la valse sentimentale de ce couple hautement improbable qui va susciter interrogation et agressivité au sein de l'entreprise. Choisit-on vraiment par quel moyen on renaît à la vie ? Nathalie et Markus vont finir par fuir pour vivre leur histoire et leur émerveillement à l'abri de tout. Cette histoire de renaissance est aussi celle de l'étrangeté amoureuse.
Il a écrit cette critique...

Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...