Affiche critique Fright Night

Fright Night

SYNOPSIS

Charlie Brewster est au top : élève de terminale parmi les plus populaires, il sort en plus avec la plus jolie fille du lycée. Il est tellement cool qu’il méprise même son meilleur pote, Ed. Mais les problèmes vont arriver avec son nouveau voisin, Jerry. Sous les dehors d’un homme charmant, il y a chez lui quelque chose qui cloche. À part Charlie, personne ne s’en rend compte, et surtout pas sa mère. Après l’avoir observé, Charlie en vient à l’inévitable conclusion que son voisin est un vampire qui s’attaque à leur quartier… Bien sûr, personne ne croit le jeune homme, qui se retrouve seul pour découvrir d’urgence un moyen de se débarrasser du monstre…

CRITIQUE

Vu à Deauville dans le cadre des films présentés en avant-première.

On ne le dira jamais assez, Hollywood tourne en rond. Entre les suites et les remake, on se demande où sont passées les vraies histoires originales. Shirley MacLaine regrettait lors de sa conférence de presse à Deauville que le cinéma américain privilégiait la technologie (3D) au détriment des scénarios à des fins marketing exclusivement. On ne pourra pas lui donner tort. En même temps, en cette période économique plutôt complexe, les studios vont sans doute privilégier de plus en plus de « sécurité » avec les reboot et autres…pourquoi ? Simplement car le marketing est connu et maitrisé. Faire la promo d’un Spider-Man n’est pas complexe, elle demande juste beaucoup d’argent. Faire la promo d’un Fright Night, ce n’est pas compliqué non plus, un film de vampires c’est tendance et en plus, c’est le remake de Vampire, vous avez dit vampire ? de Tom Holland sorti en 1985. En plus, il est tourné en 3D, que demande le peuple… Bref, tout pour faire se venir en masse les teens (cible première) et les nostalgiques du premier film.

Mais curieusement, Fright Night version 2011 fonctionne plutôt bien. A mi-chemin entre le horror-teen-movie et la comédie ricaine, le nouveau film de Craig Gillespie arrive à emporter l’adhésion grâce à une ambiance presque inquiétante dans le premier acte (la scène d’introduction donne le ton) puis totalement décomplexée voire foutraque dans le second, une partie d’ailleurs nettement plus fun. Un distinction claire et nette qui traduit le défaut principal du film, celui de vouloir jouer absolument sur plusieurs registres à la fois tout en s’éloignant bien du ton du film d’origine pour ne pas qu’on le taxe de copieur. A l’aise dans l’horreur, dans le fun ou dans l’action (toute proportion gardée), Gillespie mène son long-métrage avec conviction, se permettant même un plan séquence lors d’une course poursuite en voitures franchement efficace.

Le basculement d’un registre à l’autre intervient avec l’arrivée du personnage de Peter Vincent (David Tennant de Dr Who), magicien faussement gothique à Las Vegas totalement deglingué du cerveau. C’est grâce à lui que Fright Night trouvera un nouveau souffle en squizant au passage la performance de Colin Farell jusqu’alors seul maître à bord. Cabotin contre cabotin, il faudra s’y habituer, nous ne sommes pas dans les jeux d’acteurs d’un Woody Allen mais bien dans la surenchère assumée aux apparences de récréation. Malheureusement, à ce petit jeu, ce sont les plus jeunes acteurs qui seront perdants à l’exception de Christopher Mintz-Plasse (le Red Mist de Kick Ass) hilarant à chaque intervention. Anton Yelchin (plutôt bon d’ordinaire) nous livre une prestation lisse et insipide d’ados tandis qu’Imogen Poots (sa copine) tente le cabotinage sans que cela ne fonctionne. Résultat, même sans jouer faux, leur prestation est franchement passable… Visiblement, la direction des acteurs n’était pas une priorité du réal qui les a laissés en roue libre totale, pour le meilleur et pour le pire. Je passerai volontairement sous silence Toni Colette, visiblement venue chercher simplement un chèque pour financer une piscine…j’exagère, mais son personnage n’a aucune utilité ni aucun intérêt.

En piochant ici et là dans les classiques du genre (Vampire, Une nuit en enfer, le film d’origine), Fright Night fonctionne tout du long sans vraiment lasser les spectateurs. Néanmoins, le film reste estampillé Disney ce qui induit nécessairement quelques règles de bonne conduite à respecter (pas trop de sexe à l’écran, nos deux héros sont encore vierges) et surtout, la résurrection des « victimes » si l’on utilise un pieu spécial pour abattre le monstre. Sacrilège !!!! Un mort est un mort… mais pas chez la firme de Mickey.

Bon point par contre, la 3D qui se montre au-dessus des conversions découvertes durant les deux dernières années et qui se justifie (un peu) sur la fin par des jaillissements plutôt efficaces. En revanche, il aurait été intelligent au préalable de se souvenir que les lunettes assombrissaient l’image…le film se déroulant à 80% de nuit, on se retrouve très souvent avec une photographie extrêmement noire qui n’est pas des plus agréable à suivre.

En prenant un peu de distance, on pourra s’avouer que Fright Night ne propose pas grand-chose de nouveau sous le soleil. Il faut bien avoir conscience qu’il s’agit d’un pur produit marketing, sans doute fait pour de mauvaises raisons, mais il n’en demeure pas moins que le spectacle à défaut d’être inoubliable reste une série B plutôt drôle. Le job est fait sans génie mais fonctionne, et en soi, c’est déjà pas mal. A découvrir entres potes de préférence.

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Fright Night
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 2.5 Charlie Brewster est au top : élève de terminale parmi les plus populaires, il sort en plus avec la plus jolie fille du lycée. Il est tellement cool qu’il méprise même son meilleur pote, Ed. Mais les problèmes vont arriver avec son nouveau voisin, Jerry. Sous les dehors d’un homme charmant, il y a chez lui quelque chose qui cloche. À part Charlie, personne ne s’en rend compte, et surtout pas sa mère. Après l’avoir observé, Charlie en vient à l’inévitable conclusion que son voisin est un vampire qui s’attaque à leur quartier… Bien sûr, personne ne croit le jeune homme, qui se retrouve seul pour découvrir d’urgence un moyen de se débarrasser du monstre…
Charlie Brewster est au top : élève de terminale parmi les plus populaires, il sort en plus avec la plus jolie fille du lycée. Il est tellement cool qu’il méprise même son meilleur pote, Ed. Mais les problèmes vont arriver avec son nouveau voisin, Jerry. Sous les dehors d’un homme charmant, il y a chez lui quelque chose qui cloche. À part Charlie, personne ne s’en rend compte, et surtout pas sa mère. Après l’avoir observé, Charlie en vient à l’inévitable conclusion que son voisin est un vampire qui s’attaque à leur quartier… Bien sûr, personne ne croit le jeune homme, qui se retrouve seul pour découvrir d’urgence un moyen de se débarrasser du monstre…
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...