Affiche critique Félins

Félins

SYNOPSIS

En Afrique, au Kenya, dans l’une des régions les plus sauvages du monde, les animaux vivent libres et loin des hommes.
Au sud du fleuve qui divise ces magnifiques terres, règne le clan des lions mené par Fang. La lionne Layla y élève la jeune Mara. Entre chasse et liens familiaux puissants, c’est la vie d’une famille qui s’écrit. Au nord du fleuve, le lion Kali et ses quatre fils rêvent d’étendre leur territoire. Bientôt, les eaux seront assez basses pour que les maîtres du nord tentent leur chance au sud…
Dans cet environnement où chacun joue sa survie chaque jour, Sita, une splendide femelle guépard, tente d’élever seule ses petits. Au fil des saisons, tous ces destins vont se croiser à travers une histoire qui n’est ni inventée ni mise en scène, mais captée comme jamais auparavant, de sa bouleversante intimité à sa spectaculaire beauté.

CRITIQUE

Félins est le cinquième documentaire distribué par Disney Nature après Les ailes pourpres, un jour sur terre, Pollen et Océans, et qui cette fois-ci s’intéresse aux gros chats d’Afrique. La Marche de l’Empereur de Luc Jacquet en 2005 avait remis sur un piédestal le documentaire animalier au cinéma, permettant à son réalisateur de recevoir l’Oscar – de sa bouche, une récompense inattendue. En 2008, Jean-Francois Camilleri, ancien président de Walt Disney Studios Motion Pictures International créé Disneynature apportant pour tous ces documentaires des budgets relativement conséquents, signifiant sorties en salles, marketing et surtout moyens technique sur place importants.

Evidemment Félins n’échappe pas à la règle, et sur le plan de l’image, c’est un sans-faute ! La savane du Kenya est montrée dans son plus bel écrin (pour quiconque n’ayant pu s’y déplacer) et l’on ne sera même plus surpris au fil des minutes de découvrir des plans totalement incroyables, inédits, comme cette course de guépard au ralenti pendant l’exercice de chasse.

Mais bien malheureusement, si l’on regarde au-delà de la plastique générale, l’ensemble ne rempli par vraiment son cahier des charges. Fortement destiné aux plus jeunes, le film de Keith Scholey (accompagné d’Alastair Fothergill) ne retient l’attention que quelques minutes avant que l’ennui ne pointe le bout de son nez, la faute à des enjeux connus, et surtout à une construction répétitive de l’ensemble des séquences. Même si nous nous intéressons à plusieurs familles différentes de félins (Lions et Guépard), les problématiques demeurent dans les grandes lignes les mêmes et la façon de les aborder ne varie guère. Pourtant, l’anthropomorphisation (qui à titre personnel me fait vite décrocher) des animaux aurait pu permettre d’explorer davantage les thématiques  et surtout de les sublimer davantage.

On retrouve malgré tout dans Félins tous les ingrédients d’un vrai film scripté. De l’action, de l’émotion, du suspense, de l’humour et surtout, de l’amour. Les acteurs jouant leur propre rôle, on suivra donc un clan de lions et lionnes menés par le puissant Fang au sein duquel Layla (la lionne la plus expérimentée) inculque à sa fille (Mara) les règles de la vie sauvage. Face à eux, de l’autre côté de la rivière, une mère Guépard tente de veiller sur ses 5 petits alors qu’un autre lion et ses 4 fils sont avides de pouvoir et tentent d’élargir leur territoire.

On reprocher à Félins un point dont beaucoup de documentaires souffrent à savoir la sur-utilisation de la voix-off pour décrire la moindre action,  le moindre sentiment. Si ce procédé permet aux enfants de ne pas se poser de question et se laisser bercer par ses images avec de vrais animaux à l’écran, les plus âges trouveront cela à la longue usant, car cela a le fâcheux effet de tuer toute émotion naissante naturellement. Et c’est probablement cela que l’on retiendra, l’absence d’émotion véritable, uniquement celle imposée par la voix-off qui à elle seule doit générer parfois la tension d’une scène. La moralisation outrancière des images sur la nécessité d’avoir une mère fini par agacer et atténue le plaisir que nous pouvons ressentir à voir ces animaux évoluer dans leur environnement naturel.

Cela ne remet en rien en question la qualité visuelle du film, indéniable et témoin d’un travail de plus de deux ans et demi en ces terres d’Afrique. Elle justifie à elle seule le fait de de se déplacer en salles mais il est vraiment dommage d’avoir appliqué une couche trop humaine par-dessus une pareille pureté visuelle. C’est donc à regret que je reconnais m’être un tantinet ennuyé devant Félins en qui j’avais mis plus d’espoirs. L’émotion que j’avais ressentie en découvrant la Marche de l’Empereur n’est visiblement pas prête d’être remplacée.

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