Affiche critique [Critique] – To Rome With Love (2012)

[Critique] – To Rome With Love (2012)

SYNOPSIS

To Rome with Love nous fait partir à la découverte de la ville éternelle à travers différentes histoires de personnages, de simples résidents ou de visiteurs pour l’été, mêlant romances, aventures et quiproquos.

CRITIQUE

Le Woody Allen de l’année, c’est un peu le rendez-vous obligatoire que l’on n’attend pas vraiment mais que l’on sait toujours plaisant. Alors que beaucoup crient haut et fort et que le cinéaste est en roue libre depuis pas mal de temps, ne cherchant plus trop à se renouveler (point que l’on ne pourra pas trop remettre en question),  To Rome With Love ne viendra clairement pas apporter la preuve du contraire. Véritable carte postale désuète qui ressemble aux vacances du petit monsieur (mais rien que ça permet d’avoir un résultat au-dessus de la moyenne), ce nouveau film poursuit le voyage européen du réalisateur New Yorkais débuté il y a quelques années avec Match Point (l’un de ses meilleurs films). Incroyablement futile, sa dernière réalisation n’en reste pas moins un plaisir léger à consommer comme l’on boit un bon diabolo grenadine à la terrasse d’un café au soleil. Alors pourquoi bouder ce petit plaisir ?

A Rome, il y a la vie, les ruines, l’amour, les gens ordinaires, les touristes, les prostituées, les jeunes mariés…Autant de personnages aux vies différentes permettant à Woody d’en choisir un petit nombre pour développer à travers eux sa vision de l’amour. Une vision forcément très personnelle mais qui ne se renouvelle guère. Lui qui déclarait en conférence de presse continuer de chercher son apothéose, le film ultime, ne le trouvera probablement pas avec celui-là. Cela n’enlève rien à ses qualités indéniables qui jouent des romances bluettes, des quiproquos et autres improbabilités avec une telle aisance que cela frôlerait le génie. Film chorale, ce 45e long-métrage met en scène un casting dont l’éclectisme fait la force de l’oeuvre. De Jesse Eisenberg (écopant du rôle de l’alter-égo d’Allen) à Penelope Cruz en passant par Ellen Page, Woody Allen himself ou plusieurs acteurs italiens dont Roberto Benigni, tous apporte une vraie fraicheur et prennent visiblement beaucoup de plaisir à interpréter leur personnage respectif. Cela ne changera pas le fait que tous paraissent très clairement sous exploités mais la partition est juste et c’est finalement ce qui compte. Ceci étant, si To Rome With Love peut compter sur ses dialogues forcément délicieux dont le cinéaste a le secret, le fâcheux sentiment d’avoir affaire à un brouillon revient de manière un peu trop prégnante pour qu’on l’ignore.

Car si les histoires entre elles n’ont guère de point commun et permettent d’adresser une vision de l’amour à 360° (amour du public, amour de sa carrière, amour interdit, amour… ), le manque de cohérence entre chacune peut sembler plaisante mais ressemble surtout à patchwork un peu en vrac de pleins d’idées sans qu’on sache les raccorder. En se juxtaposant un peu grossièrement sans jamais se croiser, ces instants de vies entre folie et romance se révèlent souvent inégaux voire pour certains inintéressants. Ainsi, si l’idée de prendre un inconnu et de le faire accéder à la célébrité sans qu’il ne sache pourquoi est plutôt bien trouvée, son traitement académique avec un Benigni mono-expressif ne passionne guère, en tout cas bien moins que celle centrée sur le couple italiano-américain et de leur parents, ou celle des jeunes américains recevant une amie un peu folle et énergique en la personne d’Ellen Page. Les bonnes idées ne manquent pas (le gérant des pompes funèbres chantant sous la douche étant sans nul doute la meilleure et la plus drôle) mais tout cela semble parfois un peu prétexte à filmer la ville éternelle sous tous les angles. La visite est plaisante et nul doute que beaucoup découvriront à l’issue du film la destination de leurs prochaines vacances mais l’on attendait un peu plus d’effort de la part du réalisateur de Manhattan ou de Match Point.

On rigole, on est émue, on se complait des quiproquos naissant, on sentirait presque le filet d’huile d’olive sur les plats des gens que l’on voit assis à un restaurant mais tout cela tourne un peu en rond et se termine comme cela a commencé avec une très faible évolution des personnages mais une satisfaction éphémère d’avoir passé un bon moment. A 76 ans, le parfois surestimé Woody Allen balade son génie avec beaucoup de légèreté dans la capitale Italienne pour nous parler de l’amour en continuant sa propre psychanalyse habituelle, son fonds de commerce depuis ses début. Bien qu’elle se classera aux coté de ses autres œuvres totalement dispensables, To Rome With Love reste une comédie gentillette dont les dialogues et le côté « loufoque » suffisent à nous faire sortir de la salle avec le sourire.

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[Critique] – To Rome With Love (2012)
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 3 To Rome with Love nous fait partir à la découverte de la ville éternelle à travers différentes histoires de personnages, de simples résidents ou de visiteurs pour l’été, mêlant romances, aventures et quiproquos.
To Rome with Love nous fait partir à la découverte de la ville éternelle à travers différentes histoires de personnages, de simples résidents ou de visiteurs pour l’été, mêlant romances, aventures et quiproquos.
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...