Affiche critique [Critique] – The Bay (2013)

[Critique] – The Bay (2013)

SYNOPSIS

La petite ville côtière de Chesapeake Bay doit sa prospérité à l’élément aquatique. Lorsque deux biologistes français relèvent un affolant niveau de toxicité de l'eau et tentent d’alerter le maire, ce dernier refuse de semer la panique dans sa paisible cité. Inaction fatale, puisqu'une épidémie mortelle ne tarde pas à se répandre, qui voit les habitants se transformer en hôtes de parasites mutants qui prennent le contrôle de leurs esprits, tandis que Cheaspeake Bay sombre dans l'horreur…

CRITIQUE

Barry Levinson… Un nom pas forcément évocateur pour le grand public mais qui se cache derrière des succès tels que Rain Man, Good Morning, Vietnam ou Sleepers. Une filmographie éclectique mais une intégrité artistique sans faille, deux arguments qui donnaient envie de croire dans le projet The Bay, nouveau film d’horreur surfant sur la mode du found footage (comprendre à base de vidéos amateurs ou pseudo amateurs) qui a fait les beaux jours du Projet Blair Witch et plus récemment de la très médiocre saga Paranormal Activity. Et comme rien n’est lié au hasard, c’est justement Oren Peli (le réalisateur chanceux du premier Paranormal Activity reconverti en producteur de films de genre tels que Insidious ou Les Chroniques de Tchernobyl) que l’on retrouve à la production de ce nouveau long-métrage.

Utilisé souvent comme cache-misère pour des petits films devenus des succès ou des grandes entreprises pour maximiser la rentabilité, le found footage autorise à peu près tout et n’importe quoi sous couvert de bandes réelles récupérées. Utilisé à tort et à travers et permettant dans bien des cas de prendre les spectateurs pour des neuneus (voir la plupart des Paranormal Activy, la quintessence du non cinéma), cette technique peut s’avérer franchement convaincante lorsque derrière les images se cache un véritable conteur avec un vrai propos à faire valoir. Dans The Bay, Barry Levinson s’attaque donc au genre horrifique par le biais d’une contamination grandissante de l’eau à proximité d’une petite ville américaine. L’argument principal pour relater les faits étant la réalisation d’un documentaire par une reporter qui était présente le jour du drame. On assiste donc à une version commentée de l’ensemble du matériel vidéo tourné et récupéré ce jour-là (depuis les images de la reporter jusqu’aux films de vacances de certaines victimes, caméras de surveillance, SMS, conversations Skype etc…).

Contrairement à d’autres réalisations du genre, l’idée de départ est donc relativement cohérente (un point essentiel pour aider à l’immersion) et ne dérivera jamais vers la surenchère d’effets gratuits et peu crédibles. Tout l’intérêt de The Bay réside dans sa capacité à faire monter la terreur crescendo tout en restant parfaitement logique avec son histoire, et son montage façon documentaire à posteriori. Le film fait intervenir différents personnages ou famille (selon les bandes récupérées) allant des protagonistes les plus en lien avec le drame (les scientifiques découvrant le parasite tueur) au plus banal des concitoyens à l’instar de l’amourette vite arrêtée entre deux adolescents. Ces allers retours permanents avec les différents personnages du récit couplé au suivi chronologique des événements du 4 juillet 2009 permettent de maintenir l’intérêt des spectateurs intact en en dévoilant toujours un peu plus jusqu’à l’issue que l’on devine évidemment dramatique.

Derrière cette réalisation qui n’apporte pas vraiment grand-chose au cinéma si ce n’est une belle démonstration de ce qu’il est possible de faire lorsque le travail est réalisé avec intelligence, Barry Levinson aborde frontalement un problème de fond, portant The Bay a des niveaux bien supérieurs à ceux de ses concurrents, essentiellement là pour foutre la frousse point à la ligne. Levinson n’est pas né de la dernière pluie et sait pertinemment que pour se démarquer de la concurrence agissant sur le même registre, il était primordial d’apporter autre chose que de jolis effets de style dans la manipulation des médias vidéo récupérés. Le propos écologique sous-jacent à ce drame n’a rien de fantaisiste ou réactionnaire, bien au contraire. Il est une version accéléré et forcément amplifié d’une hypothétique fin qui nous guette si les habitudes vis-à-vis de l’élevage ou de l’agriculture massive à grands renforts de produits chimiques continuent de croître de manière exponentielle. Et face à ce retour en force et mortel de mère nature, le refus des institutions à endosser leur part de responsabilités et mettre en œuvre les actions qui s’imposent deviendra l’un des accélérateurs du drame. [Aparté : Il est d’ailleurs amusant de faire un parallèle entre le fin mot de l’histoire et le film Les Simpsons qui évoquait plus ou moins la même chose pour expliquer la pollution grandissante du lac de Springfield]

Avec son ambiance délétère et poisseuse, The Bay embarque les spectateurs au cœur de cette journée noire du 4 juillet. En jouant du côté réaliste et crédible de l’affaire pour en tirer un film d’horreur ne cédant jamais à toute surenchère d’effets inutiles, le film de Barry Levinson fonctionne réellement bien, provoque le malaise recherché naissant à la fois des images (aidées par un jeu des acteurs criant de réalisme) mais aussi des peurs liées aux perspectives de se retrouver nous-même, un jour, dans une situation similaire. Se laissant aller lors de quelques scènes à des clins d’œil sympathiques et notamment les dents de la mer le temps d’une baignade, le film se hisse sans trop de mal dans le top du classement des productions ayant recours à la technique du found footage. Sa thématique pouvant rappeler Contagion de Soderbergh associée à une mise en images toujours cohérente, solide, et immersive, réussiront sans mal à vous glacer le sang le temps de la projection. Ça ne transcende rien mais ça fait le job avec efficacité et surtout, grande intelligence !

[Critique] – The Bay (2013)
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 3 La petite ville côtière de Chesapeake Bay doit sa prospérité à l’élément aquatique. Lorsque deux biologistes français relèvent un affolant niveau de toxicité de l'eau et tentent d’alerter le maire, ce dernier refuse de semer la panique dans sa paisible cité. Inaction fatale, puisqu'une épidémie mortelle ne tarde pas à se répandre, qui voit les habitants se transformer en hôtes de parasites mutants qui prennent le contrôle de leurs esprits, tandis que Cheaspeake Bay sombre dans l'horreur…
La petite ville côtière de Chesapeake Bay doit sa prospérité à l’élément aquatique. Lorsque deux biologistes français relèvent un affolant niveau de toxicité de l'eau et tentent d’alerter le maire, ce dernier refuse de semer la panique dans sa paisible cité. Inaction fatale, puisqu'une épidémie mortelle ne tarde pas à se répandre, qui voit les habitants se transformer en hôtes de parasites mutants qui prennent le contrôle de leurs esprits, tandis que Cheaspeake Bay sombre dans l'horreur…
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...