Affiche critique [Critique] – Starbuck (2012)

[Critique] – Starbuck (2012)

SYNOPSIS

Alors qu’il s’apprête à être père, David Wosniak, éternel adolescent de 42 ans, découvre être le géniteur anonyme de 533 enfants déterminés à le retrouver.

CRITIQUE

Sorti il y a près d’un an Outre-Atlantique, Starbuck (rien à voir avec le café) fait partie de ces petits films sans prétention mais dont la réputation a fait le meilleur travail marketing du monde, générer une véritable attente sur le film et ce presque sans marketing. Un très bon teasing que l’on doit quasi exclusivement grâce à un pitch totalement improbable mais qui fait mouche dès la première lecture et laisse imaginer un potentiel comique évident. Mais entre la volonté et la réalité il y a souvent un gap et tout l’enjeu était de transformer la bonne idée en réel bon film. Alors même si Starbuck n’est pas la comédie ultime, elle n’en demeure pas moins un feel good movie particulièrement attachant, drôle et original. Explications.

Fils d’un boucher immigrant, fan de football, adulte qui semble refuser de grandir, David Wosniak a aussi quelques problèmes d’argent. Aussi, pendant plusieurs années, la clinique de dons du sperme à côté de chez lui était un bon moyen pour redresser le compte en banque lors des moments creux. Alors forcément, lorsqu’un représentant de la dite clinique frappe un jour à sa porte pour lui annoncer qu’en raison d’une très bonne qualité de son sperme et d’un problème logistique, il est le père de 533 enfants, la nouvelle peut avoir de quoi faire un choc. Il suffit donc d’une phrase dans un pitch, d’une réplique dans le film pour lancer sur orbite cette comédie sociale qui n’a rien à envier aux meilleures du genre. Car sous des airs un brin potaches, Starbuck n’est en rien une grosse poilade mais bien un regard et une réflexion amusés la relation parents-enfants. Une réflexion qui se présentera sous diverses formes et auprès de l’ensemble des personnages permettant de multiplier les points de vue pour le meilleur, rarement pour le pire. Depuis David face à la fameuse nouvelle et sa manière de l’appréhender ou face à l’annonce de la grossesse de sa vraie compagne en passant par son meilleur ami (accessoirement avocat) qui semble vivre la paternité difficilement, Starbuck aborde par ses multiples angles un sujet à la fois naturel mais pourtant fondamental dans la construction individuelle.

Co-scénarisé par Ken Scott et Martin Petit, le film déroule une narration relativement classique qui profite toujours aux personnages, ne cherchant jamais la blague facile mais plutôt l’humour de situation. A ce titre, même si David est clairement le plus présent, ses partenaires à l’écran ne sont pas en reste et  bénéficient d’un vrai traitement leur permettant d’être des personnages profonds, attachants et essentiels dans la quête de David pour sa reconstruction. Un retour à une situation normale qui passera par une réelle prise de conscience de son statut de père, un sentiment enfoui qui apparait comme évident dès l’annonce de la nouvelle et poussera notre Starbuck à partir à la rencontre ces enfants dont il ignorait tout. Des rencontres anonymes pour approcher de leur quotidien, pour les visualiser et dans un sens pour mettre une réalité face à un acte à la base purement mécanique et mercantile. A leur contact, notre éternel adolescent grandira, évoluera et deviendra au fil du temps ce à quoi il était destiné, un père heureux.

Ce qui sous forme de texte peut paraitre un peu facile voire mielleux ne l’est absolument pas dans les faits, chaque rencontre étant propice à découvrir de nouveaux personnages, de nouveaux univers et donc enrichir le catalogue des chutes humoristiques. Malgré tout, on notera, et c’est très clairement le problème majeur, une baisse de régime assez net en milieu de parcours. On aurait pu penser que lorsque les médias s’empareraient du phénomène Starbuck renommé El Masturbator, le film aurait trouvé une autre piste de renouvellement. Malheureusement, ces passages où notre donneur recordman fait l’objet de l’opprobre public se révèlent moins bien gérés et contribuent à un détachement passager.

Fort heureusement, comme s’il était conscient du soucis, le réalisateur Ken Scott redresse la barre assez vite pour amener son navire vers un finish que l’on sait couru d’avance mais que l’on attend telle une promesse implicite. Tout se termine évidemment bien mais ce n’est pas tellement cela qui compte. A vrai dire, le vrai bonheur du film c’est d’avoir réussi à maintenir une idée folle sans la pervertir ou tomber dans le racolage facile. Avec ses répliques qui fonctionnent à tous les coups, ses personnages que l’on apprécie dès leurs premières secondes et une narration efficace malgré quelques soucis de rythme, Starbuck est un vrai petit bonheur dont l’accent Québécois ne sera que la cerise supplémentaire sur un gros gâteau de bonne humeur.

 

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[Critique] – Starbuck (2012)
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 3.5 Alors qu’il s’apprête à être père, David Wosniak, éternel adolescent de 42 ans, découvre être le géniteur anonyme de 533 enfants déterminés à le retrouver.
Alors qu’il s’apprête à être père, David Wosniak, éternel adolescent de 42 ans, découvre être le géniteur anonyme de 533 enfants déterminés à le retrouver.
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...