Affiche critique [Critique / Direct-to-DVD] – Piranha 3DD (2012)

[Critique / Direct-to-DVD] – Piranha 3DD (2012)

SYNOPSIS

L'attaque de Lake Victoria a beau être terminée, les piranhas pré-historiques ont survécu dans les canalisations de la ville. Ils trouvent désormais le chemin des piscines et d'un nouveau parc aquatique qui vient d'être inauguré...

CRITIQUE

Alors il est pas frais mon poisson ?”. Ordralphabétix s’il avait vécu jusque dans les années 2010 aurait pu nous offrir sa sempiternelle réplique pour parler de Piranha 3DD, suite du poilant dernier film d’Alexandre Aja, Piranha 3D (lire notre critique) sorti maintenant il y a environ deux ans. Et si le nom de ce sequel pouvait laisser imaginer un gros délire débile, on était encore loin du compte tant l’équipe repousse le niveau de la connerie acceptable pour au final aboutir sur un bon gros nanar qui tâche, débordant de bêtise de tous les côtés. En même temps, avec au scénario les gars de Saw 3D : Chapitre final et à la réalisation John Gulager à qui l’on doit…euh…bah que des films que je ne connais pas, on ne pouvait pas vraiment s’attendre à une agréable surprise. Bref, une équipe de winners pour un film dont la carrière n’a pas fait long-feu outre atlantique et qui se terminera chez nous, au mieux, en direct-to-dvd et dans les magasins de troc à 2€ entre deux Steven Seagal.

Vous l’aurez compris, Piranha 3DD n’a pas fait vraiment l’unanimité en ces lieux. Pourtant, s’il s’agit d’un gros navet, tout n’est pas à jeter et notamment un esprit totalement what the fuck qui s’affirme minute après minute pour finir sur un grand n’importe quoi plutôt marrant, et qui viendrait presque faire oublier la médiocrité générale de l’ensemble. Une médiocrité d’autant plus visible que le film reprend la structure du premier opus à l’identique, le talent d’Aja en moins. Il vous suffira de remplacer la plage par un centre aquatique un peu miteux, le maire par un manager véreux et les acteurs principaux par un lot de teenagers dont on a, il faudra bien l’admettre, pas grand-chose à faire. Car de l’histoire, on s’en fou quand même royalement et visiblement, le réalisateur aussi. Content de son budget de 20 millions de dollars (oui oui), ce dernier se contente de faire tout en version « much bigger ». Sauf qu’à trop forcer, on arrive assez vite à un résultat indigeste et il n’y a pas besoin de beaucoup attendre pour s’en rendre compte. Piranha 3D jouait sur le sexy / érotique, Piranha 3DD s’en moque et balance au bout de deux minutes toutes les bimbos disponibles dans le cadre à poil. Le ton est donné…Sauf qu’entre deux paires de seins, l’idée était quand même de faire un petit (tout petit) film d’horreur. Alors certes les piranhas se font plaisir et déchiquètent bêtement tout ce qu’ils trouvent (en privilégiant quand même souvent les zones érogènes) mais les passages censés justifier la catégorisation horrifique se voient souvent occultés par une teen en bikini filmée avec assez peu de délicatesse.

Cependant, malgré des défauts qu’il est impossible de lister (le film en lui-même en est un gros), quelques bonnes idées arrivent à le sauver du carnage intégral et je ne parle pas de l’hémoglobine. La dernière partie qui vient se poser comme l’alter égo du massacre du spring break mais en version low-cost, arrive à faire son effet grâce à un abandon total de toute considération artistique. Des gamins qui morflent gratuitement aux bimbos qui se font bouffer de chaque côté en passant par le retour de Ving Rhames, équipé de béquilles sulfateuses pour saccager les petits poissons, on voit tout et n’importe quoi ce qui fini après une période d’aberration par faire sourire voire, divertir (le but premier). Pour aider le tout, la présence de David Hasselhoff dans son propre rôle en tant que guest star has been aide grandement. Entre ses répliques racistes, misogynes et anti-roux, il n’a visiblement que faire de son image et montre une capacité à l’autodérision assez jouissive, surtout lorsqu’il énumère à un bambin une série de nanars dans lequel il apparait.

Monté en dépit du bon sens avec son rythme aléatoire, Piranha 3DD n’est pas vraiment la double dose que l’on souhaitait même s’il bénéfice de quelques scènes tellement sans queue ni tête que vous pourrez y prendre un plaisir coupable en le regardant. L’apothéose sera vraisemblablement atteinte lorsque le couple de jeunes décidera de copuler alors qu’un piranha se développait dans le vagin de la fille sans qu’elle ne s’en rende compte (mais ouaiiiiiiiiiiiiiii). Vous devinez la suite et bien évidemment, cela se finira à la machette pour arracher la poiscaille du reste de pénis disponible. Désolé pour le spoiler… Kitsh et de mauvais goût à souhait (les effets spéciaux sont vraiment affreux), cette suite n’a de lien avec le précédent que le sujet et les présences vagues de Ving Rhames et Christopher Lloyd (à peine 2 minutes). Globalement pourri, Piranha 3DD ne sombre pas dans la catastrophe absolue grâce à une bonne humeur salvatrice qui permettra, au final, de bien rire pendant 1h20, à condition du beaucoup boire avant et d’être entre amis. Dans ce cas, vous pourriez passer une bonne soirée !

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[Critique / Direct-to-DVD] – Piranha 3DD (2012)
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 1.5 L'attaque de Lake Victoria a beau être terminée, les piranhas pré-historiques ont survécu dans les canalisations de la ville. Ils trouvent désormais le chemin des piscines et d'un nouveau parc aquatique qui vient d'être inauguré...
L'attaque de Lake Victoria a beau être terminée, les piranhas pré-historiques ont survécu dans les canalisations de la ville. Ils trouvent désormais le chemin des piscines et d'un nouveau parc aquatique qui vient d'être inauguré...
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...