Affiche critique [Critique] – LOL USA (2012)

[Critique] – LOL USA (2012)

SYNOPSIS

Dans un monde connecté en permanence via YouTube, iTunes et Facebook, Lola et ses amis naviguent entre amitié et histoires d’amour de lycée, tout en évitant leurs parents parfois insupportables et dépassés. Quand la mère de Lola, Anne, lit “accidentellement” le journal intime de sa fille, elle réalise à quel point un fossé s’est creusé entres elles...

CRITIQUE

On se plaint parfois de la décision des studios de massacrer la sortie en salles de films. Jugés économiquement peu viables, ces rebus trouvent alors une seconde vie lors des sorties en DVD, Blu Ray et VOD. On se rappelle dernièrement de Scott Pilgrim qui avait été décalé sans fin pour au final, être diffusé dans assez peu de salles en France et surtout, après la sortie US du film en DVD. La population geek étant la cible, faites le calcul, beaucoup (dont moi) avaient trouvé le moyen de le voir par d’autres biais avant. Bref… Ici, c’est le remake du film à succès LOL (3,5 millions de spectateurs), qui s’est vu charcuter outre atlantique par la presse et les spectateurs malgré la présence de Miley Cyrus et Demi Moore en tête d’affiche. Egalement repoussé maintes et maintes fois, le film de Lisa Azuelos a littéralement suffoqué sous le rouleau compresseur Avengers qui sortait à peu près à la même période. Couplons cela à une distribution assez maigre (quelques dizaines de bobines sur les USA) et vous obtenez un véritable four n’ayant rapporté que 46 000 dollars lors de son premier week-end. Raté. Un four qu’est en train de subir également le remake de Total Recall qui vient lui aussi de sortir aux USA, mais ça, c’est une autre histoire, nous y reviendrons prochainement.

LOL USA fait donc parti de ces succès français qui se voient adapter pour le marché américain, peu adepte des films qui ne sont pas faits par l’Oncle Sam. On avait déjà vu True Lies (adapté de La totale !), Dinner for Smuck (le diner de cons), et l’on verra bientôt Bienvenue à la cambrousse (les Ch’tits) ou encore Untouchables (vous ferez vous-même le rapprochement). Changement d’actrices mais même réalisatrice, qui s’attaque donc non pas à un blockbuster mais à une version bien plus financée de son histoire de relation mère-adolescente. Le produit ne change évidemment pas et se révèle être un pur et simple copié collé de la version française sortie il y a quelques années. La jeune Lola prend donc les traits de Miley Cyrus, l’une des superstars chez les teens, déjà multi millionnaire (plus de 120) à à 18 ans, et qui semble attendre visiblement son premier rôle dans le porno tant sa présence dans la rubrique « photos leakés à moitié nue » occupe régulièrement la presse people. Face à elle, Demi Moore physiquement plus jeune que jamais, en mère non pas paumée mais en décalage avec la SMS génération, tout l’enjeu du film. Etant un garçon de 27 ans, on peut donc facilement imaginer que je ne suis pas dans la cible et que, par conséquent, je n’ai pas su apprécier à sa juste valeur le portrait finement brossé de cette nouvelle génération…

LOL version USA est donc le même produit calibré pour les adolescentes se sentant femmes, et pour adolescents qui aiment mater. Au cœur de tout, les relations amoureuses, les trahisons entre copines, les histoires de fesses, la fameuse première fois, les soirées qui finissent mal, les pétards, la mauvaise appréciation de l’alcool, les conversations SMS à n’en plus finir et la nécessaire rébellion avec la maman. Bref, la panoplie intégrale de tous les archétypes de l’âge ingrat version 2012, traitée avec l’œil affuté et particulièrement fin de la réalisatrice (je blague), qui signe une nouvelle version live d’un numéro de « jeune et jolie ».  L’objectif avoué étant de plaire aux midinettes de 16 ans, tout y passera y compris le bras de fer familial lorsqu’il faut aborder les sujets liés à la sexualité pour qu’au final, chacun(e) se disent « oh ouai nan mais c’est trop ça avec ma mère ».

Dans cette chronique d’une génération qui n’est pas si éloignée de la mienne mais qui me semble pourtant si différente (la vache, j’ai l’air tellement vieux), on peut quand même suivre quelques personnages, creux cela va sans dire, qui se chargent d’animer la succession de séquences à laquelle nous avons le droit. Outre les deux protagonistes féminins, on croisera à plusieurs reprises Ashley Greene (Twilight) ou Ashley Hinshaw (Cherry, Chronicles) qui servent de faire valoir en campant elles-aussi des caricatures dans leurs postures de copines ou d’ennemies jurées. Vous l’aurez compris, sur le fond, je n’ai pas vraiment été convaincu mais le pire n’est pas là puisque quelque part, le film ne trompe pas sur la marchandise. Non, avec du recul, c’est bien la médiocrité générale de la réalisation qui est tellement plus à plaindre, la médiocrité flagrante lorsque ces jeunes débarquent en France pour un séjour linguistique totalement improbable, véritable surenchère de conneries à tel point que l’on ne peut imaginer que la drogue pour avoir permis de penser cette séquence.

Outre les cadrages foireux, le montage affreux ou l’intégration de séquences imposées par le cahier des charges (celles dans les vestiaires histoire d’avoir le quota de strings, culottes et fesses), on est réellement surpris, et pourtant j’étais mentalement préparé, lorsque nos jeunes américains écopent d’une famille d’accueil en France qui semble être les héritiers directs du chevalier de Montmirail bloqué 1000 ans dans le passé. Je suppose que cette image de la France un chouia caricaturale trouve ses équivalences lorsque l’on dépeint le fin fond du Texas peuplé de psychopathes, mais force est de constater que le trait a été clairement forcé et qu’au final, c’est tellement à l’ouest que ce n’est pas vraiment drôle.

Malgré tout, même s’il patauge les deux pieds dans sa nullité qui répond présente pendant 1h30 sans faiblir, on se surprend à suivre LOL USA de manière moins révulsive que la version originale. Personnellement, j’avais dû arrêter en cours de route (et ça n’arrive jamais) tellement tout m’était insupportable… le jeu des acteurs(trices) horripilant et cette posture présentant la détresse mère-fille des bobos parisiens ambiance « voici un portrait de la vraie jeunesse française ». Ici, le trait 16e arrondissement de l’extrême est moins prononcé (le film se passe à Chicago) et l’on ressent moins la condescendance rendant le film un peu plus regardable, ou moins irregardable, au choix. Bref, c’est pareil qu’en français, ca racole chez les jeunes filles de manière tout à faire méprisable, ça plait donc à la cible visée qui n’y voit que du feu et c’est par conséquent très naze si vous avez passé l’âge…

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[Critique] – LOL USA (2012)
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 1.5 Dans un monde connecté en permanence via YouTube, iTunes et Facebook, Lola et ses amis naviguent entre amitié et histoires d’amour de lycée, tout en évitant leurs parents parfois insupportables et dépassés. Quand la mère de Lola, Anne, lit “accidentellement” le journal intime de sa fille, elle réalise à quel point un fossé s’est creusé entres elles...
Dans un monde connecté en permanence via YouTube, iTunes et Facebook, Lola et ses amis naviguent entre amitié et histoires d’amour de lycée, tout en évitant leurs parents parfois insupportables et dépassés. Quand la mère de Lola, Anne, lit “accidentellement” le journal intime de sa fille, elle réalise à quel point un fossé s’est creusé entres elles...
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...