Affiche critique [Critique] – Le magasin des suicides (2012)

[Critique] – Le magasin des suicides (2012)

SYNOPSIS

Imaginez une ville où les gens n’ont plus goût à rien, au point que la boutique la plus florissante est celle où on vend poisons et cordes pour se pendre. Mais la patronne vient d’accoucher d’un enfant qui est la joie de vivre incarnée. Au magasin des suicides, le ver est dans le fruit…

CRITIQUE

Il est extrêment frustrant de visionner un film qui ne se repose que sur un concept aussi bon soit-il. C’est exactement le cas avec ce Magasin des suicides : un pitch de départ assez fun pour un film français, une bande annonce alléchante, un Patrice Leconte qui prend des risques. Et pourtant, ça fait l’effet d’un pétard mouillé.

Pourtant, le film démarre plutôt bien, avec une présentation des personnages, de la ville et du magasin en musique, on voit le fonctionnement, on cerne les clients, on fait une revue des différents moyens de se suicider dans une verve tragicomique grinçante. Le bébé arrive rapidement et on est pret au bout d’un quart d’heure à voir ce qui va se passer dans cette famille bouleversée par l’arrivée d’un enfant joyeux dans un univers lugubre. Mais le hic, c’est qu’à partir de là, le film ne raconte rien. Le sydrome typique de l’idée qui aurait fait un merveilleux court métrage mais se traîne pendant une heure et demie. Les chansons arrivent comme un cheveu sur la soupe et se ressemblent toutes, avec des rimes peu inspirées. Le scénario est cousu de fil blanc et ce qui devait arriver arriva : ce n’est pas un gros spoiler que de deviner que ce fils plein de gaieté va peu à peu contaminer son entourage, super…

L’honnêteté artistique de Patrice leconte n’est pourtant sans doute pas à mettre en cause, mais on a l’impression d’assister à un festival d’influences mal digérées : on pense au Tim Burton des débuts, le design de la ville fait penser au merveilleux travail graphique des Lascars, le père de famille a des faux airs de Gomez Addams, et ce registre tragi comique recherché était mille fois mieux exploité dans un film comme Mary et Max, chef d’oeuvre d’émotion modeste. Ici on ne ressent aucune émotion, et inévitablement, on s’ennuie.

Le magasin des suicides constitue donc une grosse déception, dans la mesure où il pouvait établir une nouvelle référence dans l’animation à la française, il n’en est rien.

 

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[Critique] – Le magasin des suicides (2012)
Avis rédigé par Benjamin Urvoy le .
Note : 1.5 Imaginez une ville où les gens n’ont plus goût à rien, au point que la boutique la plus florissante est celle où on vend poisons et cordes pour se pendre. Mais la patronne vient d’accoucher d’un enfant qui est la joie de vivre incarnée. Au magasin des suicides, le ver est dans le fruit…
Imaginez une ville où les gens n’ont plus goût à rien, au point que la boutique la plus florissante est celle où on vend poisons et cordes pour se pendre. Mais la patronne vient d’accoucher d’un enfant qui est la joie de vivre incarnée. Au magasin des suicides, le ver est dans le fruit…
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Benjamin Urvoy

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