Affiche critique [Critique] – La Clinique de l’amour ! (2012)

[Critique] – La Clinique de l’amour ! (2012)

SYNOPSIS

"La clinique de l’amour !" c’est "Urgences" traité à la manière de "Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?" et "Un poisson nommé Wanda". Des histoires d’amour (torrides), d’argent, de trahisons (odieuses), dans une clinique au bord de la ruine, où s’affrontent John et Michael (chirurgiens), sournoisement manipulés par Samantha, une garce aussi cupide que fatale sous les yeux (magnifiques) d'une ravissante infirmière, du doux nom de “Priscilla”. Une comédie pour tous, de 12 à 122 ans !

CRITIQUE

La clinique de l’amour ! fait partie de ces petits films que l’on aime avant même de les avoir vu, uniquement par leur pitch évocateur et leur volonté de s’inscrire à contre-courant. Pourtant, à l’image d’autres long-métrages du genre, le plaisir n’est bien sûr total qu’après le visionnage, étape cruciale permettant de passer d’une bonne idée et des bonnes intentions à la surprise, réelle, celle qui vous fera dire que vous avez vu un bon film. Problème, dans la clinique de l’amour ! tout est bon, sauf le format… Car l’exercice était de base assez périlleux puisque la parodie des soap opéra (comprendre toutes les séries à mamie telle que les feux de l’amourplus belle la vie, et consort) demande forcément un habile traitement entre humour, retenue et surtout longueur de la blague. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les Inconnus restèrent sur un format court lorsqu’ils présentaient les désormais cultes sketchs de Ça te barbera ou de Maîtresses et patients. Dans un autre genre, la série québécoise Le coeur a ses raisons conservait le format original à savoir plusieurs épisodes de 20 minutes pour être sûr que chaque épisode fasse mouche. Alors fatalement, lorsque l’on passe d’un 5 ou 20 minutes à un 1h30, mieux vaut être sévèrement armé et sûr de son coup, et en l’occurrence, le résultat n’est pas franchement convaincant.

Tous les ingrédients étaient pourtant présents pour que la blague fonctionne. Une clinique imaginaire, une direction familiale, deux frères manipulés aux ambitions contradictoires (il y a le bon et le méchant), des rebondissements à n’en plus finir, une garce manipulatrice, des effets spéciaux pourris bref, l’artillerie était complète pour proposer un hommage (ou pas) à ce genre tombant de plus en plus en désuétude outre atlantique. D’ailleurs, les premières séquences fonctionnent réellement et laissent transparaitre la fraicheur d’esprit et le recul nécessaires pour aborder le genre correctement. Le casting, idéalement choisi s’en donne à cœur joie notamment Bruno Salomone qui  y évolue comme un poisson dans l’eau. L’autre célèbre membre des Nous C Nous enchaîne les mimiques et revet le costume du frère avide et motivé par la revente de ses parts pour toucher le jackpot avec une aisance provoquant de multiples instants de drôlerie.

Un sentiment de plaisir coupable qui s’estompe assez rapidement avec le temps car même si tout l’enjeu du film est de se complaire dans le n’importe quoi, on aurait aimé être davantage surpris. Le scénario cousu de fils blancs reprend les évidences des séries susnommées mais perd progressivement les spectateurs qui ne disposent pas de la même attention sur le format long. Et comme si Arthus de Penguern (réalisateur mais également acteur) avait bien compris le problème, il tente à quelques reprises de partir dans l’irrationnel pour générer la surprise et arracher la blague. L’exemple le plus fragrant étant la présence récurrente de l’ours, bonne idée en soit mais qui sert davantage à masquer un vide certains dans l’écriture et sa capacité à extraire le potentiel comique des situations naturellement créées.

Se revendiquant comme un astucieux mélange entre la série Urgences et Y-a-t-il un pilote dans l’avionLa clinique de l’amour ! n’a pourtant pas la même portée humoristique que le long-métrage culte. L’atmosphère est là, les situations burlesques au rendez-vous mais jamais on ne rigole vraiment aux éclats. Plusieurs situations déjantées relèvent l’ensemble comme la séquence en scooter ou le finish avec le ricochet de balles, mais la facilité de la plupart des vannes font du film d’Arthus de Penguern une comédie assez plate malgré les retournements de situations multiples. Finalement, plus qu’un simple pastiche, on aurait aimé un traitement un peu plus extrême, un peu plus affirmé. Tout reste assez sage provoquant presque le résultat contraire à celui recherché, celui de faire passer le film pour un long-métrage soap opéra lui-même et non une parodie. Pour preuve, plusieurs personnes en sortant de la salle déclaraient avoir trouvé le film juste mauvais sans avoir perçu les références auxquelles il faisait référence. Dommage car en étant plus audacieux, moins convenu et surtout plus impertinent, on aurait certainement obtenu un résultat autrement plus convaincant. Franchement, revoyez les sketchs des Nuls ou des Inconnus parodiant le genre, c’est tellement plus au-dessus …

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[Critique] – La Clinique de l’amour ! (2012)
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 2 "La clinique de l’amour !" c’est "Urgences" traité à la manière de "Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?" et "Un poisson nommé Wanda". Des histoires d’amour (torrides), d’argent, de trahisons (odieuses), dans une clinique au bord de la ruine, où s’affrontent John et Michael (chirurgiens), sournoisement manipulés par Samantha, une garce aussi cupide que fatale sous les yeux (magnifiques) d'une ravissante infirmière, du doux nom de “Priscilla”. Une comédie pour tous, de 12 à 122 ans !
"La clinique de l’amour !" c’est "Urgences" traité à la manière de "Y-a-t-il un pilote dans l’avion ?" et "Un poisson nommé Wanda". Des histoires d’amour (torrides), d’argent, de trahisons (odieuses), dans une clinique au bord de la ruine, où s’affrontent John et Michael (chirurgiens), sournoisement manipulés par Samantha, une garce aussi cupide que fatale sous les yeux (magnifiques) d'une ravissante infirmière, du doux nom de “Priscilla”. Une comédie pour tous, de 12 à 122 ans !
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...