Affiche critique [Critique] – Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare (2012)

[Critique] – Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare (2012)

SYNOPSIS

Que feriez-vous si la fin du monde arrivait dans 3 semaines ?
C’est la question que toute l’humanité est obligée de se poser après la découverte d’un astéroïde se dirigeant tout droit vers notre planète. Certains continuent leur routine quotidienne, d’autres s’autorisent tous les excès, toutes les folies. Dodge est quant à lui nouvellement célibataire, sa femme ayant décidée que finalement, elle préférait encore affronter la fin du monde sans son mari. Il décide alors de partir à la recherche de son amour de jeunesse, qu’il n’a pas vu depuis 25 ans. Mais sa rencontre avec Penny risque de bouleverser tous ses plans.

CRITIQUE

Décidément, à l’approche de la date fatidique annoncée par la Mayas, la fin du monde inspire beaucoup de réalisateurs. Dernièrement, nous avions pu voir la méthode Emmerich version on casse tout dans 2012, la version poétique et suicidaire par Lars von Trier dans Melancholia, la version métaphysique de Abel Ferrara dans  4:44 Last Day on Earth ou encore Take Shelter de Jeff Nichols. A croire que l’arrêt brutal de l’humanité serait la nouvelle coqueluche du cinéma nourri aux grandes peurs populaires, jadis alimenté par la peur du communisme, du terrorisme, ou de la bombe atomique (voire les deux derniers réunis dans des films pas si lointains, cf The Dark Knight Rises). Face à la prise de conscience que nous ne sommes que poussière dans un grand tout impalpable, nombre d’auteurs privilégient l’axe psychologique pour tenter de trouver quelque chose de vrai, de sincère et profond à la veille de l’anéantissement. Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare s’inscrit dans cette logique, en privilégiant la relation entre deux individus qui ne partagent pas grand-chose en commun si ce n’est la recherche d’une émotion véritable à la veille de l’apocalypse.

Pour sa première réalisation, Lorene Scafaria à qui l’on devait le scénario du très sympathique « Une nuit à New York » a donc choisi le plus radical des contextes pour poser son histoire. Une comédie romantique fataliste condamnée par un compte à rebours que personne ne pourra reculer, la chute de l’astéroïde Matilda sur terre. Une échéance qui oblige chaque être humain à s’organiser pour profiter au mieux de ces derniers instants. Et cette peinture de fin du monde se révèle dans un premier temps particulièrement intéressante et bien éloignée de tout ce que l’on avait pu voir jusqu’alors. Un traitement plus féminin qui ne prêche pas que par l’exode massif totalement vain et la dégénérescence dans les rues, mais davantage par l’abolition de toutes les barrières morales imposées par la société. Et vous, que feriez-vous s’il ne vous restait que 3 semaines ?  Les mini-scénettes que l’on nous présente en suivant le personnage de Dodge (Steve Carell) alternent entre comédie et humour potache mais restent toujours placées sous le joug de l’échéance fatale. Ainsi, lorsqu’un père décide de faire découvrir l’alcool à ses enfants de 8 ans, que peut-on dire ? Lorsque les soirées se transforment en orgie, lorsque la notion de mariage ne fait plus sens, force est de constater qu’on ne peut pas vraiment émettre de jugement. Se faire plaisir, profiter de chaque minute, être heureux, voilà ce que semble montrer le début du film qui vante un hédonisme naturellement trouvé au détriment des agressions, vols et autres débordement de violence comme on aurait tendance à l’imaginer dans pareille condition.

C’est lorsque Penny (Keira Knightley) prend de l’importance dans l’histoire que tout se corse même si l’on ne peut pas vraiment lui jeter la pierre. Ils ne partagent pas grand-chose si ce n’est une rupture récente, alors pour vivre comme il se doit cette fin du monde, ils vont tenter de réaliser tout ce qui compte le plus pour eux, revoir leurs parents, leurs ex etc… Le long-métrage se transforme alors en une sorte de road movie sombre  qui a bien du mal à convaincre, la faute à un rythme mal géré et de nombreuses scènes tirant en longueur inutilement. Après un démarrage convaincant, « Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare » recycle encore en encore pour tenter d’émouvoir par le pathos jusqu’à saturation. Non pas que cela soit mauvais, mais la gestion hasardeuse du temps plombe le récit avec un tel poids qu’il sera bien difficile de s’en affranchir a posteriori. Pourtant, ce qui nous est montré à voir n’est pas déplaisant et encore moins convenu mais le manque de conviction se ressent très fortement, une sorte de parti pris à mi-chemin entre le registre noir et la volonté intrinsèque de montrer une belle histoire d’amour naissante. En résulte un produit assez peu efficace dans son déroulement central qui, fort heureusement saura retrouver un ultime souffle avant l’inéluctable conclusion.

Lorene Scafaria pourra remercier son duo d’acteurs qui trouvent presque tout le temps la bonne tonalité pour rendre plausibles ces derniers instants. Steve Carell n’avait pas été aussi inspiré depuis longtemps et surprend dans un registre en demi-teinte tandis que Keira Knightley, touchante, livre une interprétation en retenue mais juste de trentenaire paumée et dépressive. Sans eux, il y a fort à parier que l’on n’aurait pas retenu grand-chose du film mais l’empathie qu’ils génèrent suffit à elle seule à ce que l’on savoure chaque scène, même les moins engageantes. Reste malgré tout un sérieux problème d’illustration générale, la réalisatrice étant à la base clairement plus à l’aise devant une feuille de papier que derrière une caméra. Trop plat dans son ensemble, trop classique et pas assez marquant, « Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare » est l’exemple type du film aux bonnes intentions de départ, à la volonté sincère de faire quelque chose de bien, mais à la triste incapacité à concrétiser tous ces souhaits.

[Critique] – Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare (2012)
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 2.5 Que feriez-vous si la fin du monde arrivait dans 3 semaines ?
C’est la question que toute l’humanité est obligée de se poser après la découverte d’un astéroïde se dirigeant tout droit vers notre planète. Certains continuent leur routine quotidienne, d’autres s’autorisent tous les excès, toutes les folies. Dodge est quant à lui nouvellement célibataire, sa femme ayant décidée que finalement, elle préférait encore affronter la fin du monde sans son mari. Il décide alors de partir à la recherche de son amour de jeunesse, qu’il n’a pas vu depuis 25 ans. Mais sa rencontre avec Penny risque de bouleverser tous ses plans.

Que feriez-vous si la fin du monde arrivait dans 3 semaines ?
C’est la question que toute l’humanité est obligée de se poser après la découverte d’un astéroïde se dirigeant tout droit vers notre planète. Certains continuent leur routine quotidienne, d’autres s’autorisent tous les excès, toutes les folies. Dodge est quant à lui nouvellement célibataire, sa femme ayant décidée que finalement, elle préférait encore affronter la fin du monde sans son mari. Il décide alors de partir à la recherche de son amour de jeunesse, qu’il n’a pas vu depuis 25 ans. Mais sa rencontre avec Penny risque de bouleverser tous ses plans.
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...