Affiche critique [Critique / Champs-Elysées Film Festival] – Le Lorax (2012)

[Critique / Champs-Elysées Film Festival] – Le Lorax (2012)

SYNOPSIS

Malgré les avertissements du protecteur de la nature, le Lorax, un entrepreneur avide dépeuple une forêt de ses arbres Truffula pour fabriquer des vêtements. Les conséquences sont désastreuses car tous les animaux partent...

CRITIQUE

Avant de lire cette critique, il est important d’avoir à l’esprit que le film se destine aux enfants. Alors oui, la polémique est facile et beaucoup brandiront quelques exemples issus de chez Pixar pour prouver que l’animation peut à la fois adresser les plus jeunes comme les plus âges grâce à de multiples niveaux de lecture. Ceci étant, une fois que l’on s’est dit cela, on a pas vraiment fait avancer le schmilblick. Alors qu’est-ce donc que le Lorax ? Vous l’aurez compris, c’est la petite bête orange à moustache jaune que l’on voit sur l’affiche. Mais c’est surtout le nouveau film de l’équipe de Moi, moche et méchant, à savoir un film d’animation américain intégralement (ou presque) réalisé en France au sein des studios Illumination Entertainment pour le compte d’Universal. A sa sortie outre-Atlantique, le film a réalisé un véritable carton dépassant la « blague » Projet X, le verdict dans l’hexagone sera rendu le 18 juillet prochain. En attendant, voici ce que nous en pensons.

Dès la bande-annonce (qui personnellement m’avait très mal vendu le film), on sentait très présente la dimension environnementale du film, Le Lorax étant le gardien –poilu- de la forêt et des arbres. Un pitch évocateur presque commun chez les films destinés aux plus jeunes qui cherchent toujours à apporter une caution morale à une forme souvent riche en couleur et en humour. Sauf que dans bien des cas, la machine ne prend que moyennement en raison d’un manichéisme et d’une naïveté un peu trop appuyés. Alors certes, ce Lorax ne renouvelle pas le genre mais le traitement un tant soit peu différent dans sa construction a le mérite de sortir du cadre.

Adapté d’une histoire de Dr. Seuss (de mon côté, je n’en avais jamais entendu parler), le film de Chris Renaud nous place dans une ville dans laquelle toute nature a disparu. L’air respirable est produit par une grande entreprise, les arbres n’existent plus et ont laissé place au tout plastique (faux arbres, faux buissons, faux oiseaux…). Alors quand un jeune garçon se met en tête de trouver un véritable arbre pour combler le cœur de sa voisine dont il est amoureux, il va devoir s’aventurer en dehors de la zone interdite et rencontrer le Gaspilleur par qui la catastrophe écologique semble être arrivée lorsqu’il tentait de faire croître sans limite son entreprise.  Un propos actuel alors que l’histoire a été écrite il y a 30 ou 40 ans.

L’intérêt du film réside dans sa capacité à maintenir un rythme permanent tout en racontant deux histoires en une. La première, celle du jeune garçon cherchant par tous les moyens à trouver un arbre, la seconde lorsqu’il rencontrera le Gaspilleur et que celui-ci lui racontera comme tout cela est arrivé permettant par la même de découvrir le fameux personnage moustachu. Les allers retours entre passé et présent sont donc multiples mais toujours bien gérés notamment par la présence régulière de chansons dynamiques soutenant le propos et l’introduction régulière de personnages secondes plutôt drôles. Et si la pente aurait pu se révéler très glissante dans l’appréhension du sujet « écologie VS profits », le fait est que tout s’enchaine assez simplement et sans démonstration outrancière. Bien évidemment, on reste assez loin de la finesse d’écriture d’un Pixar mais en comparaison avec certains Dreamworks (pas tous évidemment) qui jouaient la carte du grand spectacle pour masquer un scénario souvent creux, Le Lorax distille à sa manière son propos de manière honnête et n’hésite pas à utiliser la 3D pour soutenir la mise en scène plus d’une fois inspirée. On pense notamment à quelques passages en vue subjective qui demeurent du plus bel effet.

Pour ma part, Moi moche et méchant m’avait laissé un peu dubitatif notamment par la pauvreté d’un scénario clairement mis au second plan vis-à-vis d’une forme réussie. Ici, l’image ne perd pas en qualité mais le fond progresse ce qui est un vrai bon point. La mécanique des films d’animation pour les plus jeunes reste efficace étant une machine bien huilée, des personnages attachants, un dynamisme qui ne souffre d’aucun ralentissement, des chansons qui restent dans la tête et un propos en filigrane qu’il est difficile d’attaquer. A ce titre, Le Lorax est une bonne surprise puisque de base, je partais un peu sur la réserve pour être tout à fait honnête. Évidemment, vos bambins adoreront mais soyez sans crainte, vous aussi !

Le film ayant été présenté en avant-première dans le cadre du Champs-Élysées Film Festival, vous trouverez ci-dessous quelques photos de la séance avec le Lorax qui avait lui-même fait le déplacement pour rencontrer les enfants.

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[Critique / Champs-Elysées Film Festival] – Le Lorax (2012)
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 3 Malgré les avertissements du protecteur de la nature, le Lorax, un entrepreneur avide dépeuple une forêt de ses arbres Truffula pour fabriquer des vêtements. Les conséquences sont désastreuses car tous les animaux partent...
Malgré les avertissements du protecteur de la nature, le Lorax, un entrepreneur avide dépeuple une forêt de ses arbres Truffula pour fabriquer des vêtements. Les conséquences sont désastreuses car tous les animaux partent...
Il a écrit cette critique...

Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...