Affiche critique [Critique] – Battleship (2012)

[Critique] – Battleship (2012)

SYNOPSIS

Océan Pacifique… Au large d’Hawaï, l’US Navy déploie toute sa puissance. Mais bientôt, une forme étrange et menaçante émerge à la surface des eaux, suivie par des dizaines d’autres dotées d’une puissance de destruction inimaginable.
Qui sont-ils ? Que faisaient-ils, cachés depuis si longtemps au fond de l’océan ?
A bord de l’USS John Paul Jones, le jeune officier Hopper, l’Amiral Shane, le sous-officier Raikes vont découvrir que l’océan n’est pas toujours aussi pacifique qu’il y paraît.
La bataille pour sauver notre planète débute en mer.

CRITIQUE

Bien qu’il ne soit plus à l’affiche, je profite de sa prochaine sortie en DVD, Blu Ray et VOD pour vous parler d’un film que j’avais raté lorsqu’il était dans les salles, le psychologique et très auteuriste Battleship, une oeuvre fondamentale directement inspirée… par jeu de la bataille navale. B7, feu ! Sous l’impulsion de Hasbro qui a remarqué que le cinéma, et bien c’était plutôt lucratif après les trois razias financières réalisées par les Transformers de Michael Bay, ce projet hautement improbable a vu le jour avec à sa tête un réalisateur au parcours atypique mais pas inintéressant, Peter Berg. Avec presque 15 ans de carrière et des films comme Very Bad Things, Le Royaume ou Hancock (que personnellement je n’avais pas du tout aimé), le réalisateur américain met ici un terme à 4 ans d’absence avec cette superproduction Universal qui redéfinit une nouvelle fois la notion de blockbuster décérébré mais efficace.

Dans le joli monde de Hasbro, il ne faut pas toucher à une recette qui gagne de l’argent, beaucoup d’argent. Battleship reprend donc sans grande surprise une trame narrative ultra classique de guerre entre humains et méchants aliens venus prendre possession de la planète bleue grâce à leur technologie supra évoluée et clairement au-dessus de la nôtre. Mais au pays de l’Oncle Sam, on a beau aimer les nouvelles technos, les supers ordinateurs et la science, on préfère quand même largement les marines purs et durs, les papys qui ont donné leur vie pour leur pays, la bonne grosse torpille qui tâche et surtout Dieu au-dessus qui protège tout le monde et aide l’Amérique à triompher. Vous l’aurez compris, la finesse ne sera pas au rendez-vous mais ce côté tellement outrancier dans l’affichage des bonnes vielles valeurs US ne se fait pas sans déplaisir tant tout le monde semble l’avoir compris et en jouer, le réalisateur en premier lieu dont on ne sait jamais s’il pilote tout le cela de manière sérieuse où totalement « j’men foutiste ». Un choix habile qui amuse régulièrement sans toutefois suffir pour faire de Battleship le grand spectacle pop-corn et no limit que l’on aurait voulu voir.

Les codes ont beau être repris de Transformers quasiment dans leur totalité, et plus particulièrement ceux du dernier volet, il y a quelque chose qui ne sonne pas pareil. L’introduction en forme d’explication scientifique, l’enrôlement du frère dans la Navy, la sempiternelle présentation de la bimbos à gros seins pour titiller la testostérone de ces messieurs, le pitch sur le valeur du sacrifice, autant de symboles amenés de manière pachydermiques et n’ayant pour vacation qu’à faire patienter avant le vrai fight contre l’envahisseur. Ici, si quelques villes seront des dommages collatéraux, la vraie guerre se déroulera dans le pacifique et verra s’échanger tirs de canons, torpilles et autres missiles extra-terrestre à l’efficacité ravageuse.  Ca pétarade dans tous les sens, ça sent la sueur et l’iode à plein nez, ça à le gout de l’attaque de Pearl Harbor de Michael Bay mais sans ce fameux « talent » pour vous amener vraiment au cœur du chaos à la sauce Hollywoodienne.

Malgré tout, si Battleship perd en puissance visuelle par rapport à son modèle Transformers, il gagne en rythme pour se révéler étonnement homogène malgré les 2h10 au compteur. On ressent moins l’effet yoyo entre les séquences d’atomisation massive et les dialogues crétins et/ou éculés permettant de maintenir l’intérêt à son maximum malgré une fin connue d’avance. On se surprendra à plusieurs reprise à détecter un regard assez cynique du réalisateur sur ce cinéma archétypal auquel il prend lui-même parti, comme pour prouver que contrairement à d’autres, lorsqu’il remue le bas fond patriotique américain, il le fait en pleine conscience et en totale auto-dérision comme l’avait pu faire Tim Burton plusieurs années auparavant avec son Mars Attacks, film très moqueur qui n’avait d’ailleurs pas été reçu par les spectateurs comme il aurait dû.

C’est donc le regard amusé et conscient que Berg livre son spectacle abrutissant ne reculant jamais devant une improbabilité près y compris dans son casting qui permet à Rihanna de s’élancer sur les planches du cinéma. L’histoire ne retiendra pas son jeu ni celui de Liam Neeson qui a clairement pris le film comme une récréation, mais beaucoup plus l’apocalypse visuelle alimentée à grand coup de canons des destroyers américains. Ca ressemble presque à un vomi d’ogives et autres missiles tant toutes les limites ont été franchies… Provoquant un carnage métallique tant du côté des humains que du coté aliens, cette vraie guerre aquatique est évidemment le véritable cœur et argument de vente de Battleship, et force est de constater que l’on a pas été trompé sur la marchandise même si la petite touche M. Bay nous manque parfois.  Les équipes de effets spéciaux n’ont pas chômé et assurent le spectacle comme il se doit, à tel point que l’on se demande s’il vaut mieux remercier ILM et Double Negative plutôt que Peter Berg, car l’on pourra émettre quelques soupçons quant à la direction réelle du bonhomme dans tous ces money shots.

Ça manque d’ampleur, c’est primaire, bourrin, crétin, mais au final, c’est le divertissement que l’on nous avait promis. Le regard amusé du réalisateur sur son spectacle est le petit plus qu’il est nécessaire de signaler mais on aurait quand même bien aimé un tout petit peu plus de magie, d’empathie, de fun…C’est indéfinissable mais le sentiment qu’il manque quelque chose à ce gros spectacle idiot reste assez prégnant tout au long de la projection mais également après, comme si l’ombre de Michael Bay planait au-dessus de Battleship. Bon faiseur, Peter Berg se laisse aller comme il faut à cette commande et se permet quelques trouvailles visuelles (des plans aériens assez astucieux notamment) même si on ressent le manque d’expérience dans l’art de tout détruire pendant plus d’une heure trente. Allez, ne boudons pas notre plaisir, débouchons une bonne bière, lançons la pizza au micro-onde et admirons encore Rihanna défourailler du martien à grand coup de sulfateuse entre deux porte-avions et cuirassés. Touché coulé !

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[Critique] – Battleship (2012)
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 2.5 Océan Pacifique… Au large d’Hawaï, l’US Navy déploie toute sa puissance. Mais bientôt, une forme étrange et menaçante émerge à la surface des eaux, suivie par des dizaines d’autres dotées d’une puissance de destruction inimaginable.
Qui sont-ils ? Que faisaient-ils, cachés depuis si longtemps au fond de l’océan ?
A bord de l’USS John Paul Jones, le jeune officier Hopper, l’Amiral Shane, le sous-officier Raikes vont découvrir que l’océan n’est pas toujours aussi pacifique qu’il y paraît.
La bataille pour sauver notre planète débute en mer.

Océan Pacifique… Au large d’Hawaï, l’US Navy déploie toute sa puissance. Mais bientôt, une forme étrange et menaçante émerge à la surface des eaux, suivie par des dizaines d’autres dotées d’une puissance de destruction inimaginable.
Qui sont-ils ? Que faisaient-ils, cachés depuis si longtemps au fond de l’océan ?
A bord de l’USS John Paul Jones, le jeune officier Hopper, l’Amiral Shane, le sous-officier Raikes vont découvrir que l’océan n’est pas toujours aussi pacifique qu’il y paraît.
La bataille pour sauver notre planète débute en mer.
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...