Affiche critique [Critique] – 21 Jump Street (2012)

[Critique] – 21 Jump Street (2012)

SYNOPSIS

Les nouvelles aventures de la brigade de 21 Jump Street, un groupe de jeunes policiers pouvant aisément se faire passer pour des adolescents et ainsi infiltrer les réseaux des trafiquants de drogue qui sévissent dans les milieux universitaires californiens.

CRITIQUE

Par manque d’idée, d’ambition ou par peur du vautrage, on voit de plus en plus de films sortir sous forme de suite, d’adaptation de comics, de livres, de bd ou de séries. C’est plus facile à marketer et les risques demeurent limités puisque l’on joue sur un produit déjà connu de tous. Pas forcément un mal (il y a des dizaines et des dizaines d’adaptations très réussies) mais le témoin d’un cinéma qui peine à se renouveler. C’est pile dans ce contexte que 21 Jump Street est arrivé sur nos écrans mercredi dernier, un long-métrage éponyme à la série de la fin des années 80 ayant pour elle d’avoir notamment lancé la carrière de Johnny Deep, alors encore un jeune têtard. A l’époque, deux jeunes flics étaient envoyés dans les lycées américains pour tenter de résoudre les affaires de drogues. Alors qu’apporte cette mise au format long avec en tête d’affiche Channing Tatum et Jonah Hill ? Réponse ci-dessous.

Réalisé par Phil Lord et Christopher Miller, le duo à qui l’on doit notamment le très surprenant mais néanmoins excellent Tempête de boulette géante, 21 Jump Street reprend la recette gagnante de la série sans chercher la moindre prise de risque mais en assurant la vanne à tout prix. Comédie loufoque estampillée buddy movie, le film ne se perd pas en circonvolution et arrive au cœur de l’action rapidement. Les deux flics sont donc bien vite renvoyés sur les bancs de l’école en mode infiltration pour identifier les dealers et fournisseurs d’une nouvelle drogue hallucinogène plutôt efficace…mais mortelle. Un pitch qui annonce de lui-même que les surprises seront maigres mais qui laisse la voie ouverte à de multiples blagues, principalement issues du duo original mais aussi de leur situation incongrue vis-à-vis de leurs camarades forcées. Car là où le film se démarque de la série, c’est dans la tonalité générale très clairement orientée humour potache rappelant à quelques instants le cinéma des frères Farrelly. Les réalisateurs usent d’une mise en scène décalée pour appuyer le propos du film principalement lors des passages sous drogue, propices à de multiples fantaisies pour le moins originales.

Tout est bon à la vanne de circonstance parfois hilarante parfois gênante et ce côté décontracté sert le film autant qu’il le plombe dans la durée. Car si l’on reconnait bien volontiers l’envie de bien faire de toute cette joyeuse bande, le manque de recul évident et l’aspect finalement répétitif des blagues provoque indiscutablement un sentiment de monotonie flirtant plus d’une fois avec l’ennuie. Malgré les deux acteurs principaux qui se donnent à fond, l’empathie reste bien limitée et l’on suivra leurs aventures d’un œil plus amusé que complice. Pourtant, et c’est sans doute le point le plus intéressant du film (et ceux qui nous suivent savent que ça nous fait du mal de l’écrire), Channing Tatum révèle ici un vrai talent caché pour la comédie. Montrant une auto-dérision salvatrice, l’acteur qui monte à Hollywood montre qu’il capable d’aligner plus que deux expressions faciales mais surtout de rire de l’image de bêta aux gros bras qui lui est souvent attribué (il sera bientôt à l’affiche du prochain film de Soderberg Magic Mike mais aussi du prochain Spielberg, Robopocalypse). A ses côtés, Jonah Hill (qui a réalisé un régime record depuis plusieurs films) n’a plus grand-chose à prouver de ses talents comiques et se place comme un contrepied efficace à monsieur muscle. Une complémentarité qui s’exerce avec intérêt tout au long du long-métrage et qui reste le point fort de ce 21 Jump Street, principalement lorsque la tendance entre l’élève « tendance » et le « geek looser » s’inverse en filigrane.

Comptant des bonnes idées par dizaines, l’adaptation de la série 21 Jump Street reste malgré tout une grosse blague potache à regarder entre potes autour d’une bière. Ce n’est pas une critique négative, simplement s’il génère la blague de manière régulière, le film n’arrive jamais vraiment à décoller et à s’élever au-dessus de son statut de comédie sympathique mais dispensable. Avec en fin de course un caméo particulièrement bien amené et franchement drôle, le film se suffit à lui-même et semble avoir tout montré ce qu’il était possible de faire sur le sujet. Alors lorsque l’on entend parler d’une suite déjà mise en chantier, on ne peut que s’étonner puisque mis à part réaligner les poncifs et nous refaire un bis-repetita, on ne pourra je pense pas attendre grand-chose d’autre. C’est bien connu, toutes les bonnes blagues ont une fin…

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[Critique] – 21 Jump Street (2012)
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 2.5 Les nouvelles aventures de la brigade de 21 Jump Street, un groupe de jeunes policiers pouvant aisément se faire passer pour des adolescents et ainsi infiltrer les réseaux des trafiquants de drogue qui sévissent dans les milieux universitaires californiens.
Les nouvelles aventures de la brigade de 21 Jump Street, un groupe de jeunes policiers pouvant aisément se faire passer pour des adolescents et ainsi infiltrer les réseaux des trafiquants de drogue qui sévissent dans les milieux universitaires californiens.
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...