Affiche critique Colombiana

Colombiana

SYNOPSIS

1992. Colombie. Cataleya, 9 ans, assiste au meurtre de ses parents. Échappant de justesse au massacre, elle se réfugie aux États-Unis, chez son oncle Emilio, un gangster. 15 ans plus tard, elle travaille pour lui comme tueuse à gages. Elle signe ses meurtres d'une orchidée dessinée sur le torse de ses victimes : un message à l'intention des assassins de ses parents. Car Cataleya est bien décidée à aller jusqu'au bout de sa vengeance… quitte à perdre tous ceux qu'elle aime.

CRITIQUE

Léon 2, en version féminine. Telle était la promesse non avouée de ce Colombiana, l’histoire d’une jeune femme tueuse, motivée par le désir d’accomplir une vengeance personnelle depuis son plus jeune âge. Sauf qu’ici, Besson ne réalise pas mais écrit, et confie les clefs de son long-métrage à Olivier Megaton, déjà responsable du troisième opus de la saga Le Transporteur.

Partant de là, et au regard des derniers travaux d’écriture du fondateur d’Europacorp, on se devait de craindre le pire. Pourtant, je ne fais pas parti de ceux qui assassinent dès qu’ils le peuvent Luc Besson, ce dernier étant l’un des plus grands réalisateurs français sur la première partie de sa carrière avec une apothéose en 1994, Léon. Alors que les rumeurs d’une suite centrée sur Mathilda courait dans les couloirs d’Hollywood, Portman se déclarant prête à reprendre le rôle uniquement si Besson réalisait, c’est finalement de Colombiana que nous écopons, Besson n’étant que peu intéressé pour porter une suite à l’écran de son chef d’œuvre.

Sur le papier, le fond semble un peu identique. Dans les faits, c’est une toute autre histoire, Colombiana se révélant être un patchwork assez spectaculaire de tout ce que l’on peut reprocher aux « productions Besson » de ces dernières années, cinéma commercial par excellence basé quasi systématiquement sur un squelette identique de film en film. Avec son histoire de vengeance, Colombiana dispose d’une construction narrative par procuration, systématiquement inspirée par d’autres longs-métrages plus connus.

On mélange ainsi la femme tueuse de Nikita avec des énormément de plans repris à l’identique de Léon en insérant ici et là quelques Yamakasi, des courses poursuites dans les Favelas de Bogota rappelant sans mal celle de L’incroyable Hulk de Louis Letterier ou encore plusieurs scènes d’infiltration à la Mission Impossible. Mais là où le clin d’œil aurait pu fonctionner, ici, nous sommes totalement dans une spoliation régressive, chacun des emprunts étant bien entendu bien moins efficaces ici que dans les films précités.

C’est donc avec une sensation vraiment étrange que l’on suit l’évolution de Cataleya, jeune orpheline recueillie par son oncle à la suite du meurtre de ses parents à l’âge de 10 ans. Devenue une tueuse féline, elle ne vise qu’à retrouver le commanditaire de ce meurtre pour l’envoyer nourrir les vers de terre. Sans réelle surprise, le film de Megaton se montre d’une triste linéarité, chaque étape du récit se devinant sans mal au moins 15 minutes avant qu’elle ne se produise. De fait, l’ennui nous gagne rapidement malgré une réalisation sous cocaïne pour le moins étonnante. Car si le scénario est largement critiquable, c’est bien dans la forme que le film repousse les limites du mauvais gout.

Photographie sursaturée jaune, montage littéralement épileptique (à la limite de provoquer des nausées), Colombiana est visuellement moche, vraiment. Rappelant par certains aspects Hyper Tension (qui lui était volontairement sous adrénaline), nous sommes ici devant un cinéma de bas étage par excellence, une mise en exergue de la consommation zapping d’une certaines tranche de la population élevée à la télé-réalité, habituée à ne jamais se poser vraiment devant quelque chose. Les dialogues ne seront d’ailleurs pas très éloignés de ceux des candidats de toutes ces émissions que l’on retrouve sur TF1 et M6, fournis d’environ 50 mots donc 15 d’insultes.

Difficile de trouver des qualités à ce Combiana, si ce n’est la présence de Zoe Saldana dans le rôle principal, devenue célèbre depuis le succès d’Avatar. Malgré des efforts importants pour crédibiliser son rôle, elle n’arrivera pas à supporter le poids du ratage global du film… Dommage dommage…

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Colombiana
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 1.5 1992. Colombie. Cataleya, 9 ans, assiste au meurtre de ses parents. Échappant de justesse au massacre, elle se réfugie aux États-Unis, chez son oncle Emilio, un gangster. 15 ans plus tard, elle travaille pour lui comme tueuse à gages. Elle signe ses meurtres d'une orchidée dessinée sur le torse de ses victimes : un message à l'intention des assassins de ses parents. Car Cataleya est bien décidée à aller jusqu'au bout de sa vengeance… quitte à perdre tous ceux qu'elle aime.
1992. Colombie. Cataleya, 9 ans, assiste au meurtre de ses parents. Échappant de justesse au massacre, elle se réfugie aux États-Unis, chez son oncle Emilio, un gangster. 15 ans plus tard, elle travaille pour lui comme tueuse à gages. Elle signe ses meurtres d'une orchidée dessinée sur le torse de ses victimes : un message à l'intention des assassins de ses parents. Car Cataleya est bien décidée à aller jusqu'au bout de sa vengeance… quitte à perdre tous ceux qu'elle aime.
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...