Affiche critique Cheval de Guerre

Cheval de Guerre

SYNOPSIS

De la magnifique campagne anglaise aux contrées d’une Europe plongée en pleine Première Guerre Mondiale, "Cheval de guerre" raconte l’amitié exceptionnelle qui unit un jeune homme, Albert, et le cheval qu’il a dressé, Joey. Séparés aux premières heures du conflit, l’histoire suit l’extraordinaire périple du cheval alors que de son côté Albert va tout faire pour le retrouver. Joey, animal hors du commun, va changer la vie de tous ceux dont il croisera la route : soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, et même un fermier français et sa petite-fille…

CRITIQUE

Les cyniques oublieront que M. Spielberg avait réalisé en 2008 le quatrième volet d’Indiana Jones. Pour beaucoup, ce Cheval de Guerre marque donc le vrai retour du réalisateur au cinéma dit classique après un passage au summum de la technologie avec son Tintin et le secret de la Licorne, lequel était d’ailleurs une véritable claque au niveau de sa réalisation. Une histoire classique donc, adaptée de la pièce de théâtre de Michael Morpurgo (elle-même basée sur son propre livre) et mettant en avant l’amitié hors du commun entre un cheval et son jeune maître, fils de fermiers dans le Devon.

Alors si comme moi le sujet et la bande-annonce vous avait laissé sceptiques (car il faut bien le reconnaitre que je ne croyais pas beaucoup en ce cheval de guerre), vous devriez être enchantés par ce spectacle qui vient ajouter une nouvelle brique à l’argumentaire déjà solide que Steven Spielberg est probablement le plus grand conteur de l’histoire du cinéma encore actif.

Car la réussite de Cheval de Guerre ne tient pas seulement dans sa mise en images spectaculaire et sincère comme Spielberg nous a habitué au fil de ses réalisations, mais bien aussi sur le fond et dans la construction scénaristique apportant les thématiques récurrentes du cinéma du maître telle que la non-violence, la liberté et par-dessus-tout, le courage et la magnificence. Et ces pivots qui pourraient paraitre utopiques, naïfs voire désuets, se voient sublimer de la plus belle manière qui soit au travers des aventures guerrières de notre canasson Joey, héros du film. Car c’est bien du cheval qu’il s’agit. Même s’il partage l’affiche aux côtés du jeune Jeremy Irvine, le cheval est LE personnage central de l’histoire. Et si le pari semblait fou, il est totalement gagné puisque qu’on le veuille ou pas, nous nous éprendrons d’un véritable amour pour cet animal, à la fois cheval de guerre mais également cheval de paix le temps d’une scène en plein milieu du no man’s land.

Ces aventures, nous les suivons pendant les quatre années noires entre 1914 et 1918, période de guerre que Steven Spielberg n’avait encore jamais abordé auparavant. A la différence de Il faut sauver le soldat Ryan, la saga Indiana Jones ou encore La liste de Schindler, le conflit n’est pas ici le cœur du propos, mais bien une étape, une toile de fond, un contexte, même si celui-ci offrira l’une des séquences les plus bouleversantes du film à savoir la sortie des tranchées de l’armée Anglaise vers celles Allemandes, s’offrant ainsi à un massacre assuré.

Un contexte que Joey traversera sans jamais faiblir et qui sera le motif principal de son transfert d’une demeure à une autre, d’une nation à une autre, d’un « métier » à un autre. D’abord cheval de course transformé en cheval de traie par nécessité, il deviendra le destrier majestueux mais éphémère d’un colonel vigoureux tombé trop tôt au combat avant de devenir un instrument Allemand, chargé de tirer l’artillerie lourde. Un parcours semé d’embuches, souvent épique, magnifiant d’autant ce cheval qu’il sera tour à tour la revendication des deux camps.

Il n’y a qu’un pas pour que l’on parle de parcours initiatique. Un parcours qui lui fera rencontrer divers hommes, femmes, et enfants, de toutes nationalités, mais qui lui voueront toujours la même et pure admiration. A travers cette histoire, Steven Spielberg arrive à montrer l’être humain sous son meilleur jour, même dans un contexte particulièrement atroce. Par-delà la guerre, par-delà le conflit, il appuie plus que jamais que quel que soit le camp, ce ne sont jamais les décideurs qui se battent, qui meurent au combat mais bien des populations, engagées idéologiquement ou pas du tout. Affranchi de toute prise de partie sur le conflit, il montre une humanité qui tend à se grandir, se battant la tête haute et fière, cherchant par-delà les massacres l’espoir d’une ère nouvelle et apaisée.

Sur le plan technique, Spielberg nous surprend, encore et toujours. Revendiquant officiellement seulement 3 plans avec le cheval usant d’effets spéciaux, il nous propose un film d’un classicisme édifiant dans la lignée des fresques cinématographiques des années 30-40, Autant en Emporte le vent en ligne de mire. Pourtant, Cheval de Guerre n’a rien à envier aux films les plus modernes qui soient, le réalisateur Oscarisé usant de tout son savoir-faire plastique et technique pour transcender chaque plan et atteindre à plusieurs reprises des sommets d’émotion dont il sera difficile de retenir les larmes, sentiments décuplés par la puissance de la musique de Williams qui n’est plus à présenter et qui marque le film bien plus qu’elle ne l’avait fait dans Tintin.

Malgré sa construction conventionnelle et linéaire, la traditionnelle relation père-fils chère à Steven et son discours empreint de naïveté, Cheval de Guerre est une leçon de courage magistrale, sublimée par une réalisation et une photographie sans faille qui font de ce spectacle Spilebergien l’une des grandes réussites de 2012 et un hommage direct et sincère à ce cinéma d’avant. Soyez prévenus, vous êtes face à une très grande oeuvre !

A lire également, le compte-rendu de la conférence de presse de Steven Spielberg lors de sa venue à Paris il y a quelques semaines.

 

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Cheval de Guerre
Avis rédigé par Mathieu Crucq le .
Note : 4.5 De la magnifique campagne anglaise aux contrées d’une Europe plongée en pleine Première Guerre Mondiale, "Cheval de guerre" raconte l’amitié exceptionnelle qui unit un jeune homme, Albert, et le cheval qu’il a dressé, Joey. Séparés aux premières heures du conflit, l’histoire suit l’extraordinaire périple du cheval alors que de son côté Albert va tout faire pour le retrouver. Joey, animal hors du commun, va changer la vie de tous ceux dont il croisera la route : soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, et même un fermier français et sa petite-fille…
De la magnifique campagne anglaise aux contrées d’une Europe plongée en pleine Première Guerre Mondiale, "Cheval de guerre" raconte l’amitié exceptionnelle qui unit un jeune homme, Albert, et le cheval qu’il a dressé, Joey. Séparés aux premières heures du conflit, l’histoire suit l’extraordinaire périple du cheval alors que de son côté Albert va tout faire pour le retrouver. Joey, animal hors du commun, va changer la vie de tous ceux dont il croisera la route : soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, et même un fermier français et sa petite-fille…
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Mathieu Crucq

photo de Mathieu Crucq

Co-créateur et rédacteur en chef de Cineshow.fr depuis 2006. Le blog est une manière de faire "autre chose" puisque c'est au sein de Brainsonic que je passe le plus clair de mon temps. Consomme des films en quantité semi-industrielle, a un penchant très fort pour Star Wars (on ne se refait pas)...